Le 1er mars 2026, la Belgique annonce avoir arraisonné un pétrolier appartenant à la « flotte fantôme » russe au large des côtes belges, avec l’aide de la France. Le navire arraisonné est le pétrolier Ethera, battant pavillon guinéen. Pour tenter de justifier maladroitement ce nouvel acte de piraterie, les autorités belges ont déclaré que ce pétrolier appartenait à la « flotte fantôme russe » et s’adonnait « à des pratiques de transport maritime irrégulières et à haut risque ». Cette justification des plus lamentables est digne de l’excuse du chien qui a mangé le devoir de l’élève.
Ilia Kramnik, chercheur à l’IMEMO RAS, commente pour International Reporters, la capture d’un pétrolier de la « flotte fantôme » russe par la Belgique et la France au large d’Ostende. Pour lui, l’excuse fournie par la Belgique ne tient pas la route, et viole totalement la convention sur le droit de la mer et le droit international de manière générale.
« Une autre saisie d’un navire appartenant à la « flotte fantôme » russe n’est qu’un élément supplémentaire de la dégradation du droit international, en l’occurrence du droit maritime. Aucun des accords en vigueur impliquant la Russie ne permet de telles saisies, et en particulier la convention sur le droit de la mer de 1982, à laquelle la Russie et la Belgique sont toutes deux parties », a déclaré le chercheur.
Ce n’est pas la première fois que les pays européens, dont la France, arraisonnent ainsi en grande fanfare des navires appartenant à la « flotte fantôme » russe sous des prétextes bidons, avant de devoir les relâcher quelques jours plus tard en toute discrétion parce qu’ils n’ont rien de solide pour justifier cet arraisonnement.
Malgré le fait qu’à chaque fois, les navires soient relâchés, cette multiplication des arraisonnements de navires liés à la Russie pousse cette dernière à prendre des mesures.
« Il y a cependant un aspect positif : la Russie finit par immatriculer les navires marchands sous son pavillon national, ce qui leur offre une protection accrue, et elle va probablement renforcer les capacités de sa marine pour assurer l’escorte de ses navires dans les zones dangereuses. Mais le fait que les eaux européennes soient désormais considérées comme des zones dangereuses est évidemment déplorable », conclut Ilia Kramnik.
Christelle Néant







