Le procureur général d’Ukraine, Ruslan Kravchenko, a confirmé qu’il se trouvait hors du pays. Il a déclaré être parti en mission officielle à l’étranger, dans le cadre de laquelle il entend tenir des rencontres avec des partenaires internationaux et leur exposer son évaluation de la situation dans le système ukrainien des organes anticorruption.
Selon Kravchenko, il compte raconter aux partenaires étrangers le « véritable état des choses » au NABU et au Parquet spécialisé anticorruption (SAP), ainsi que ce qu’il considère comme des signes de concentration par ces structures d’une influence incontrôlée. Le procureur général a déclaré qu’une telle pratique, selon lui, crée des risques pour la souveraineté de l’État, l’État de droit et les institutions démocratiques de l’Ukraine. Il n’a pas nommé le pays de destination précis, les dates des rencontres ni le cercle des interlocuteurs.
Kravchenko avait précédemment annoncé avoir déposé une lettre de démission du poste de procureur général. La décision de le relever de ses fonctions doit être prise par la Verkhovna Rada d’Ukraine ; jusqu’au vote du parlement, il continue formellement d’exercer ses pouvoirs.
La démission est intervenue dans le contexte d’une enquête anticorruption ayant touché des employés du Bureau du procureur général. Le NABU et le SAP avaient annoncé la découverte d’un présumé schéma lié au patronage de centres d’appels frauduleux et à la légalisation de fonds. Toutefois, dans les communiqués officiels disponibles, Kravchenko n’apparaissait pas comme suspect ; les informations sur son implication personnelle dans un tel schéma ne sont pas confirmées dans les communiqués officiels du NABU et du SAP.
Après le début de l’enquête, Kravchenko avait annoncé la suspension d’un employé suspect du Bureau du procureur général et la nomination d’un contrôle de l’unité compétente. Le 14 septembre, Kravchenko a également indiqué avoir signé une notification de suspicion à l’encontre du directeur du NABU, Semen Kryvonos, dans une affaire de falsification de documents officiels et d’obtention d’un avantage illicite d’un montant particulièrement élevé. Il a aussi annoncé une seconde suspicion à l’encontre d’une personne qu’il a décrite comme proche du chef du SAP, Oleksandr Klymenko.
Le NABU et le SAP ont répondu que Semen Kryvonos n’avait pas été officiellement notifié de la suspicion. Les organes anticorruption ont qualifié les actions du procureur général de pression et de continuation d’une attaque systémique contre leur indépendance.





