Le Plast est une organisation scout ukrainienne très ancienne, qui fut une pépinière de combattants nationalistes et de terroristes ukrainiens, durant les années de lutte contre la Pologne, dans les années 20 et 30. L’organisation a beaucoup à se reprocher dans ces années, et ces anciens membres remplirent les rangs des formations collaborationnistes avec l’Allemagne nazie, de la Légion ukrainienne, aux bataillons de Schutzmannschaft du SD, en passant par la 14e division SS Galicie. Après la Seconde Guerre mondiale, le Plast ne disparut pas, s’implantant partout là où les diasporas bandéristes s’installèrent, au Canada, en Argentine ou aux USA. Après l’indépendance de l’Ukraine, le Plast se réimplanta en Ukraine, participant à la bandérisation du pays, ces membres racolant des fonds à l’étranger pour la guerre du Donbass, s’enrôlant dans les bataillons de représailles, ou participant à l’ukrainisation du pays, dans un matraquage propagandiste intensif. Voici l’histoire sulfureuse du Plast, les scouts bandéristes de l’Ukraine, qui vous allez le voir ont fait plier… jusqu’au Président Zelensky.
Des origines du Plast. Le Plast fut fondé à Lvov, à la suite de la création du mouvement scout par Robert Bayden-Powelll (1911-1912). Lorsque le Plast fut fondé, la région de Lvov, appelée alors Lemberg,se trouvait dans l’empire austro-hongrois, depuis son annexion sur la Pologne (partages de 1772, 1792 et 1795). Le fondateur du mouvement du Plast fut Alexandre Tisovsky, avec déjà l’idée du nationalisme ukrainien. Les recrues juraient « fidélité à Dieu et à l’Ukraine ». Le Plast n’était pas que dans l’idée du scoutisme, mais une formation paramilitaire. Dans les premiers camps organisés en Galicie, les jeunes s’entraînaient au maniement des armes à feu, fusils et pistolets et recevaient une formation militaire, dans le but d’une insurrection ukrainienne (1911-1914). L’Autriche-Hongrie ne vit pas le danger et encourageait la formation de mouvements de la jeunesse, du sport et du scoutisme. A l’orée de la Première Guerre mondiale, le mouvement comptait environ 800 membres, dans les provinces de Galicie, Bucovine, Volhynie et Transcarpatie. Le Plast joua bientôt un rôle important dans le fourniment de recrues fanatisées, lors de la fondation de la république nationaliste ukrainienne de l’OUNR et celle de la ZOUNR (1918-1919). Ces forces se livrèrent à d’infâmes pogroms, avant d’être écrasées par l’armée polonaise, les armées blanches et vertes et enfin l’Armée Rouge (1918-1921). Le mouvement Plast survécut à la tourmente, restant implanté dans l’Ouest de l’Ukraine, resté dans le giron polonais. Côté soviétique, une dernière entité survécut à Kiev, avant l’interdiction totale du mouvement scout en URSS (1924).
Le Plast, terrorisme et camps paramilitaires. Comme l’Autriche-Hongrie, la Pologne ne vit pas le danger et ne chercha pas à interdire le mouvement des « scouts » du Plast. Le groupe redevint une pépinière de futurs combattants et bientôt de terroristes, qui furent employés par l’UVO, une armée secrète ukrainienne et bientôt par l’OUN#, autre organisation secrète des nationalistes ukrainiens, mouvement politique souterrain. Parmi les jeunes qui passèrent par le Plast, se trouvaient les futurs assassins et supplétifs de la police du SD allemand, en particulier le terrible Roman Choukhevytch. Les Plast préparèrent des groupes militaires armés, formés en une trentaine de groupes dans toute l’Ukraine occidentale (1924). Ils étaient liés avec l’église uniate et sa hiérarchie dans la région. Ils organisèrent des centaines de camps, dans les montagnes des Carpates, formant des jeunes et s’infiltrant dans les universités, les lycées, diffusant une propagande souterraine nationaliste. A la fin des années 20, le mouvement nationaliste se durcissant, les Ukrainiens passèrent à l’action armée, pratiquant des assassinats politiques, la liquidation des élites polonaises, « de collaborateurs ukrainiens », de policiers ou de fonctionnaires. Les terroristes ukrainiens pratiquèrent le banditisme pour financer « leurs œuvres », s’attaquant à des banques, des trains, puis passant aux attentats à la bombe. En 1934, ils accomplirent leur plus gros coup, l’assassinat du ministre polonais de l’Intérieur. Les antennes du Plast permirent de former la jeunesse, de l’élever dans ce qui est appelé maintenant « le bandérisme », alors que des groupes étaient fondés dans les pays de repli, en Autriche, en Tchécoslovaquie, en Allemagne, en France, aux USA, au Canada et en Australie. La Pologne réagit tardivement frappant le Plast d’interdiction (1928-1930), mais les groupes poursuivirent leurs actions illégales.
Collaboration avec le régime nazi et massacres ethniques. Stepan Bandera étant lui-même passé par le Plast, les « scouts » ukrainiens appuyèrent naturellement la collaboration avec l’Allemagne nazie. Les Plast étaient capables de mobiliser plusieurs dizaines de milliers de jeunes. Dès l’année 1938, plusieurs centaines participèrent à leur premier coup militaire, le Sitch des Carpates. Dans le contexte des Accords de Munich, les nationalistes ukrainiens tentèrent de s’emparer d’une zone, bientôt occupée par les forces hongroises. Les Ukrainiens furent balayées par les Hongrois, les Allemands qui finançaient l’ultranationalisme ukrainien depuis la fin des années 20, n’ayant pas tellement intérêt à les supporter dans ce projet fou. La mauvaise surprise découla ensuite du démantèlement de la Pologne, par l’Allemagne nazie et l’URSS (septembre-octobre 1939), avec le partage du pays. La région occidentale de l’Ukraine resta aux Soviétiques. Mais très vite, avec l’invasion de l’URSS selon le plan Barbarossa, les membres du Plast revinrent sur le devant de la scène, ouvrant la voie aux forces allemandes, rejoignant les forces collaborationnistes des bataillons de policiers supplétifs du SD, de la Légion ukrainienne et aidèrent aux premiers massacres. Malgré leur jeune âge, et les photos et films de l’époque le montrent, les jeunes du Plast participèrent à ces tueries, notamment dans les villes, comme à Lvov, dans les pogroms déclenchés par les Ukrainiens eux-mêmes, à l’arrivée des forces hitlériennes. Ils servirent aussi à désigner les « ennemis », les communistes, les cadres du parti, les mous, les suspects, ou s’attaquèrent aux minorités, en particulier les Tziganes, les Grecs, les Arméniens et d’autres ethnies installées de longue date dans l’Ukraine.
Le Plast : des diasporas bandéristes à l’Ukraine indépendante. Après la défaite, les Plast ayant été décimés dans les forces de l’Axe, y compris dans l’armée nationaliste de l’UPA#, se replièrent sur les pays refuges, où se trouvaient d’ailleurs souvent d’anciennes diasporas ukrainiennes. Ces mouvements se renforcèrent, devenant des institutions locales comme au Canada ou aux USA, mais poursuivant leurs activités au Royaume-Uni, en Allemagne, en Autriche, en Australie, ou en Argentine. Paradoxalement, ce fut l’âge d’or du Plast (1950-1990), avec des congrès mondiaux, la multiplication de groupes et poursuivant leur but principal : former encore et toujours la jeunesse aux idéaux bandéristes, ultrachrétiens, fascistes et ultranationalistes. Mais le moment phare fut la création d’une Ukraine indépendante (1991-1992). A cette date, pour cause de Guerre Froide, le Plast avait déjà bénéficié de fonds nombreux dans les pays occidentaux, sur l’idée de l’anti-communisme, l’une des mamelles du Plast. Quelques mois avant l’écroulement de l’URSS, profitant de la faiblesse de l’union, les Plast se réinstallèrent à Lvov (décembre 1989), puis commencèrent une intense propagande et des campagnes de recrutement. De zéro, les Plast étaient déjà plus de 3 500, cinq ans plus tard (1995). Une maison d’édition de la « jeunesse » fut fondée par le Plast, avec des fonds venus des diasporas bandéristes, surtout du Canada. Les cellules se multiplièrent dans le pays, fondées bientôt partout dans le pays. Dix ans plus tard, ils étaient plus de 10 000, avec quelques milliers à l’étranger, le plus fort contingent se trouvant au Canada. La consécration vînt par un décret du Président Iourchtchenko, l’homme de la révolution colorée dite Orange (hiver 2004-2005), qui autorisa un accord entre le Plast et le Ministère de l’Éducation et de la Science d’Ukraine (2008). Désormais le Plast était un mouvement supporté par l’État ukrainien.
Le Plast, une organisation parasitaire désormais soutenue officiellement par l’État. De cette date, le Plast organisa des « grandes messes nationales » (2009), invitant des scouts du Plast du monde entier, ou d’autres mouvement scouts, de Belgique, d’Algérie, de Géorgie, d’Allemagne, d’Estonie ou de France. Le centenaire du mouvement donna lieu à des célébrations grandioses à Lvov (2012), puis les Plast s’illustrèrent dans les compagnies bandéristes d’autodéfense du Maïdan (hiver 2013-2014). Comme leurs ancêtres, ils s’enrôlèrent massivement dans les bataillons de représailles, cette fois-ci envoyés contre l’insurrection du Donbass républicain (2014-2022). Les partenariats avec le gouvernement ukrainien se poursuivirent, et le Plast signa un accord avec une institution très controversée, un cheval de Troie de la CIA, le Fonds Mondial pour la Nature (WWF, 2018). L’année suivante, le Plast revendiquait être la plus grande organisation ukrainienne de la Jeunesse (2019), avec 118 groupes, des maisons, des camps de vacances et des installations dans toute l’Ukraine. En 2023, dans une enquête qui n’avait rien à voir, je découvrais de nombreux financements de l’Union européenne, de camps de « vacances » du Plast, en réalité toujours paramilitaires, sur le territoire ukrainien. La Rada vota une loi « pour la reconnaissance et le soutien de l’organisation scoute nationale du Plast » (30 mai 2019). Elle fut toutefois torpillée par un veto du Président Zelensky (4 septembre 2019). Ce veto provoqua une montée au créneau du Congrès Mondial des Ukrainiens, organisation fondée avec l’aide de la CIA en 1967, par les églises ukrainiennes uniates, mais aussi celle schismatique du Patriarcat de Kiev, des diasporas puissantes bandéristes du Canada, des USA et d’Australie, avec des lettres envoyées au Président Zelensky. Devant la masse des soutiens, le président plia, la loi étant votée (17 décembre 2019), puis signée par Zelensky (13 janvier 2020).
Le Plast une organisation internationale tentaculaire. Avec son historique, le Plast est installé aujourd’hui dans plus de 25 pays, l’Australie (1948), l’Autriche (2015), l’Argentine (1949), l’Angleterre (1929), le Brésil, le Canada (1948), l’Allemagne, la Pologne (années 20), les USA (années 20), la Belgique, la Géorgie, le Danemark, l’Islande, l’Espagne (2019), l’Italie, la Chine, Chypre (2018), la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Slovaquie (1990), la Finlande, la France, la Tchéquie (années 20), la Tunisie, la Suisse ou la Suède. Les mouvements furent cependant chassés du territoire de la Crimée, où ils avaient déjà essaimés quelques partisans, alors que le mouvement avait été clairement identifié par la fédération russe comme un groupe extrémiste et dangereux. Oles Bouzina avant son assassinat à Kiev en 2015, avait déclaré à propos du Plast : « c’est la forge des cadres de la terreur nationaliste ukrainienne ». Il dénonçait ainsi que d’autres avant le Maïdan, le fait que le Plast n’était pas un mouvement de la jeunesse scoute, mais « était une organisation engagée dans des provocations, des émeutes et touchant des chèques en centaines de milliers de dollars de sources douteuses venant de l’Occident ». Devenu par une loi de la Rada une institution nationale… il sera désormais très difficile d’expulser le parasite de l’État ukrainien, le seul mouvement scout pouvant faire plier des présidents et bénéficier de fonds aux origines internationales. Le Plast a toujours été, après chaque défaite des bandéristes et ultranationalistes, le dernier refuge…
Mini-dictionnaire du Plast. Comme à mon habitude, voici un mini dictionnaire du mouvement du Plast, il vous aidera à comprendre un peu mieux ce qu’était et est le Plast. Les fiches biographiques ne sont pas exhaustives, ils ont été des dizaines de milliers à passer dans ses rangs depuis 1912.
Stepan Bandera : voir cet article.
Roman Choukhevytch : voir cet article.
Kvitka Cisyk (4 avril 1953-29 mars 1998), originaire du Queens, New York, d’une famille bandériste, elle entra dans le Plast (1960-1979). Elle fit des études supérieures de musique, devenant chanteuse et soprano bientôt réputée et se produisant dans le monde, notamment en Europe. C’est l’autre icône du Plast, dans la version nettoyée des tristes sires du passé et des hommes des massacres et de la collaboration avec l’Allemagne nazie. Elle travailla très jeune pour des bandes originales du cinéma (1977-1988), où pour des bandes publicitaires pour de grandes compagnies américaines, dont Coca Cola, Pepsi, Burger King, MacDonald’s, NBC, des compagnies aériennes US, Ford, Chevrolet ou Cadillac (années 80-90). Elle enregistra un album de chansons ukrainiennes (1980 et 1989), courtisée et invitée par la diaspora en Amérique du Nord. Elle mourut d’un cancer du sein, le 29 mars 1998, à New York.
Anastase Figol (11 mai 1908-31 juillet 1993), originaire de Galicie, alors en Autriche-Hongrie, il collabora avec l’Allemagne nazie et travailla pour l’église uniate ukrainienne, s’installa à Berlin (1941-1945). Il prit la fuite à Munich, qu’il ne devait plus quitter. Il fut la grande figure du Plast en Allemagne (1945-1952), créant des groupes et une revue, par ailleurs entrant dans le gouvernement virtuel et fantoche de l’OUNR (qui n’existait plus de longue date), mais refondée par l’action de la CIA. Il fut « nommé » président de cette république (1966-1968), travaillant comme professeur agrégé. Il fut ensuite le chef du « Mouvement démocratique ukrainien », qui se détachait des mouvements extrémistes de l’OUN-B de Bandera, ou de l’OUN-M de Melnik. Il dirigea le mouvement de 1976 à 1981. Il mourut à Munich en 1993.
Petro Franko (28 juin 1890-dans l’année 1941), originaire de la région de Lvov, alors en Autriche-Hongrie, il devint enseignant dans un lycée. Il fut l’un des membres du Plast et fut un combattant de l’armée de l’OUNR, officier commandant de compagnie (1917-1920). Il était aussi aviateur, son avion fut abattu par les Polonais et il fut capturé (1919). Après s’être évadé, il fut nommé colonel par Petlioura et prit la fuite à la défaite à Vienne (1922). Il redevint enseignant dans une université clandestine ukrainienne (1922-1930). Il passa en URSS, recruté comme chimiste à Kharkov (1931-1936), dans un complexe laitier. Il mena des activités de propagande anti-soviétique, notamment fut l’un des premiers à lancer le mythe de l’Holodomor (1936-1939). Il collabora avec le pouvoir soviétique, entrant dans les soviets locaux en Ukraine. Plusieurs versions plus ou moins délirantes existent sur sa mort. La plus probable est qu’il fut tué dans un bombardement des Allemands de la gare de Ternopol (28 juin 1941). Les Ukrainiens ont donné des versions sur son « assassinat par le NKVD », là encore selon plusieurs versions, dont une où il aurait été… brûlé vif.
Pavlo Gaïda (22 octobre 1964-4 septembre 2007), originaire du Michigan, prêtre de l’église uniate ukrainienne des USA. Il devint aumônier du mouvement du Plast aux USA (1999), l’un des membres importants, avant d’être tué dans un accident de voiture, à Chicago… la troisième capitale d’Ukraine, après Kiev et Toronto.
Ivan Gavdida (20 septembre 1966-30 août 2003), originaire de Ternopol, Ukraine, radicalisé et bandérisé durant la fin de l’époque soviétique, il fut l’un des fondateurs d’un mouvement pour imposer la langue ukrainienne dans le pays, membre du Plast et l’un de ses chefs. Il devînt enseignant et développa une intense activité dans cette région majoritairement russophone avant le Maïdan. Il s’était engagé en politique (1991), fondateur de la « ligue des loups » (1992), un groupement paramilitaire extrémiste pour les jeunes, membre de l’OUN (1995), dont il devint l’un des chefs (2000), réussissant à emporter des mandats régionaux, dont un siège au conseil régional de Ternopol (2002). Il mourut dans des circonstances troubles, retrouvé le crâne fracassé près de sa maison (30 août 2003). Les circonstances de sa mort ne furent jamais élucidées, mais son nom fut repris par des camps scouts du Plast, et dans le culte bandériste des morts, une plaque commémorative installée sur sa maison (2013) et la rue Youri Gagarine débaptisée à Ternopol, pour porter son nom (11 juillet 2022).
Bogdan Gavrilichine (19 octobre 1926-24 octobre 2016), originaire de la région de Ternopol, alors en URSS, la population fut déportée par les Allemands (1944), mais son passé est ici trouble, c’est la version qu’il donna et malgré son jeune âge, il pourrait bien avoir servi dans les troupes nazies. Il affirma être membre du mouvement scout du Plast, alors clandestin depuis 1937, et membre du groupe « des diables de la forêt» (Allemagne, 1946). Il prit la fuite au Canada (1947), s’installant à Toronto, où il fit des études supérieures.Il devint un cadre supérieur, s’installa en Suisse (1960), et devînt conseiller de plusieurs présidents ou premiers ministres ukrainiens (années 90). Il appela à soutenir le Maidan (2014), et mourut à Kiev, le 24 octobre 2016. Il a fait l’objet depuis de plusieurs manifestations du culte bandériste des morts (2017-2021).
Boris Goudziak (1960-), originaire de la région de New-York, USA, d’une famille ukrainienne bandériste. Prêtre et gros poisson de l’église uniate, il fit des études à Rome, à Vienne, à Harvard, ordonné prêtre (1998), et nommé « exarque apostolique pour les uniates de France, Suisse et du Benelux (2012). Il fut un participa du sulfureux Congrès mondial des Ukrainiens, organe fondé par la CIA en 1967 (1993). Il devint l’une des plus plumes reproduites par des médias étatiques et régionaux français, utilisée dans la propagande de guerre psychologique en France. Il fut même fait chevalier de la Légion d’Honneur (2015). Auparavant, il était apparu dans le faux média ukrainien de la CIA, Ukrainian Crisis Center, pour les mêmes raisons propagandistes. J’ai dénoncé l’homme dans l’article que voici (avril 2022). Il fut encore nommé archevêque de Philadelphie, USA (2019)
Lioubomir Gouzar (29 février 1933-31 mai 2017), originaire de Lvov, alors polonaise, sa famille prit la fuite à la suite des Allemands, jusqu’à présent l’histoire a été cachée sur le pourquoi du comment et les activités de ses parents. Toujours est-il, qu’il se trouvait en Autriche (1944), puis passa aux USA (1949), devenant prêtre (1958), et l’un des principaux chefs de l’église uniate aux USA : évêque (1977), cardinal (2001), Patriarche-Primat des Ukrainiens (2001-2011), archevêque de Lvov (2001), dont il avait été un cadre avant la chute de l’URSS, dans l’archidiocèse (1984-1991). Il fut l’un des principaux aumônier du mouvement Plast dans l’État de New York, venant également étudier à Rome (1969-1985). Il retourna en Ukraine (1993), dont il prit la nationalité (2002), participant longtemps à la réimplantation de l’église uniate dans le pays. Il mourut dans la région de Brovary, oblast de Kiev (2017).
Mikola Kolessa (6 décembre 1903-8 juin 2006), originaire de Sambor, région d’Ivano-Frankovsk, alors dans l’Autriche-Hongrie. Il devint musicien, après des études de médecine qu’il abandonna. Il s’installa à Prague (1924), membre du Plast, professeur de musique à Lvov (1931-1939), recteur au Conservatoire de Lvov, pendant l’époque soviétique (1953-1965), puis coulant une retraite anonyme jusqu’à sa mort à Lvov, en 2006.
Vassili Kouk (11 janvier 1913-9 septembre 2007), originaire de la région de Ternopol, alors en Autriche-Hongrie, membre de l’OUN#, ses deux frères furent fusillés par les Polonais pour des actes terroristes, alors qu’il passa comme eux dans le Plast. Il vivait alors dans la région de Lublin, Pologne, où il devint un ami de Stepan Bandera (1929). Membre important des groupes clandestins ultranationalistes ukrainiens, il fut condamné à deux ans de prison (1934-1936). Il participa à d’autres actes terroristes, des assassinats et entra en clandestinité (1937). Membre de la Légion ukrainienne au service des Allemands, il se rendit à Lvov lors de l’invasion de l’URSS (1941), puis entra dans l’UPA# (1942). Chef du groupe sud de cette armée, criminel de guerre, il trempa dans les massacres de Volhynie et Galicie (1943-1944), continuant la guerre contre l’URSS, adjoint du maquis de Roman Choukhevytch (1947-1950), qu’il remplaça à la liquidation du maquis (1950). Il fut capturé (23 mai 1954), mais seulement envoyé au goulag, puis amnistié (1960). il écrivit une lettre qui fut diffusée, où il reconnaissait le pouvoir soviétique et ne joua plus aucun rôle. Il reprit quelques activités bandéristes dans les années 90, et mourut à Kiev, le 9 septembre 2007.
Mikola Lebed (11 janvier 1909-19 juillet 1998), originaire de Galicie, alors en Autriche-Hongrie, il devînt un des sbires de l’OUN#, ce fut lui qui avec Bandera organisa l’assassinat du Ministre de l’Intérieur de Pologne (1934). Grosse huile ukrainienne de la collaboration avec l’Allemagne nazie, dans le cadre du traité germano-allemand de 1934, il fut livré à la Pologne (1935). Il fut jugé à Varsovie (1936), condamné à mort, mais sa peine fut commuée en prison à vie. Au moment de l’attaque de la Pologne par l’Allemagne nazie, il s’évada de sa prison de Lvov (5 septembre 1939), rejoignant l’OUN-M de Melnik, dont il resta un des collaborateurs (1940-1945). Il était réellement méfiant comme Melnik de l’Allemagne nazie, organisant une résistance et négociant avec l’armée secrète polonaise (AK, vers 1942). L’OUN-M et les maquis favorables à Melnik ayant été liquidés par les forces de Bandera, il prit la fuite en Allemagne, puis de là aux USA (1949). Il fut un acteur majeur d’une propagande ukrainienne nationaliste, l’un des chefs finalement rallié au bandérisme et publiant des annales de l’UPA#. Il mourut à Pittsburgh, USA, le 19 juillet 1998.
Youri Logouch (22 mars 1945-), il naquit en Allemagne, d’une famille bandériste en fuite. Son père avait été un membre de l’OUN#, pour la région de Dniepropetrovsk et un collaborateur des nazis (1941-1943). Sa famille émigra aux USA, où il intégra le Plast. Professeur à l’Université catholique ukrainienne, plus tard dans le Conseil d’administration d’une école de commerce à Lov, il enseigna longuement dans diverses universités (1975-1992). Il s’implanta en Ukraine comme cadre d’entreprises américaines s’installant dans les anciens pays de l’espace soviétique (1992-2012). Il fut primé du Prix « des écrivains d’Or de l’Ukraine » (2012).
Lev Rebet (3 mars 1912-12 octobre 1957), originaire de Lvov, alors dans l’Autriche-Hongrie. Il entra dans l’armée secrète de l’UVO, via le Plast (1927), puis l’OUN (1929). Il participa à l’assassinat du Ministre de l’Intérieur polonais (1934), bientôt arrêté mais libéré faute de preuves (1935). Il rejoignit l’OUN-B de Bandera et s’engagea dans la collaboration avec l’Allemagne nazie (1940-1941). Il fut arrêté par les Allemands avec Bandera, emprisonné à Cracovie, à cause de la déclaration unilatérale d’indépendance de l’Ukraine (septembre 1941). Il ne fut libéré qu’en décembre 1944. Il resta en Allemagne, dans des activités plus ou moins de collaboration et d’activités clandestines de l’OUN#. Installé à Munich, il fut l’un des chefs de l’OUN-B, rejoint par Bandera dans la ville. Il fut recruté par la CIA, mais entra en opposition avec Bandera, de plus en plus autoritaire (1948). Il finit par quitter l’OUN (1956). Il fut l’auteur de théories révisionnistes ukrainiennes, notamment sur les origines des Ukrainiens, publiant publiant plusieurs ouvrages (1951-1956). Cependant, contrairement à Melnik et même Bandera, il était partisan d’une république ukrainienne à l’occidentale, « démocratique ».Il fut liquidé par un agent du KGB, à Munich, en rentrant chez lui, par un jet d’un gaz mortel, le 12 octobre 1957. Deux ans plus tard, Bandera était liquidé de la même façon, dans la même ville. Il resta peu populaire dans la version bandériste moderne, entrant mal dans le narratif « du Père Bandera ». Une messe symbolique fut célébrée par l’église uniate, à Lvov, en 2010, au moment du transfert de ses restes dans un cimetière de la ville.
Youri Starosolsky (28 février 1907-21 octobre 1991), originaire de Lvov, alors en Autriche-Hongrie. Ses parents prirent la fuite en Autriche, à Vienne, mais il revint à Lvov (1922). Il entra dans le Plast, et dans l’UVO, dans un groupe défini comme « le cercle des Loups ». Il participa à de nombreux camps paramilitaires, membre du groupe ultra radical « des diables de la forêt », où passa aussi Roman Choukhevytch (1928). Il participa à l’organisation de camps clandestins (années 30), parfois organisés illégalement sur les territoires de la Tchécoslovaquie ou de la Hongrie. Il devint avocat, après avoir terminé des études à Prague (1940), membre d’un camp et instructeur dans la région de Lvov (1941-1945), rédigeant une revue nationaliste ukrainienne. Ses activités sont peu claires dans la période, mais il prit la fuite en Allemagne, s’installant à Karlsfeld (1945), formant un groupe du Plast et passant ensuite aux USA (vers 1949). Il organisa le premier congrès régional des Plast de la région de New York (1951-1953),, membre du Conseil général (1967-1970), et se déplaçant pour le Plast dans le monde entier, en Australie, en Asie, au Moyen-Orient, en Europe. Il mourut dans le Maryland, USA, en 1991.
Heidemarie Stefanishyne-Piper (7 février 1963-), originaire du Minnesota, USA, de la diaspora bandériste ukrainienne originaire de la région de Lvov. Le passé familial a été jusqu’à nos jours soigneusement camouflé. Elle fut membre du Plast. C’est l’icône et arme secrète du Plast, car elle fut recrutée par la NASA, devenant une astronaute, avec un premier vol en 2006, médaillée par l’Ukraine dès 2007. Elle fit une tournée en Ukraine (2019).
Fedor Tchernik (14 mars 1894-18 novembre 1918), originaire de la région de Galicie, il vécut enfant à Przemysl (Pologne), alors dans l’Autriche-Hongrie. Il fut l’un des membres actifs du Plast à ses débuts. Il fut mobilisé dans l’armée autrichienne (1914). Il participa à de nombreux combats, médaillé, mais fut fait prisonnier durant l’offensive Broussilov (été 1916). Il fut libéré par la révolution russe (1917), se rendant à Kiev. Il fut l’un des chefs de l’armée nationaliste ukrainienne, participant aux premiers combats (novembre-décembre 1917). Il écrasa notamment à Kiev un début d’insurrection bolchevique (janvier 1918). Il servit contre les troupes de l’Hetman Skoropadsky, marionnette de l’Allemagne, qui fonda un état éphémère et une dictature à Kiev. Il fut tué dans la bataille de Motovilovka (18 novembre 1918), en combattant les forces de l’Hetman, qui furent écrasées, conduisant à a fuite et la fin de l’Hetmanat. Celui-ci était moribond, depuis l’armistice et la capitulation allemande quelques jours auparavant.
Ivan Tchmola (6 mars 1892-27 juin 1941), originaire de l’Ouest de l’Ukraine, sous contrôle de l’Autriche-Hongrie. Fils d’un notable et juge dans l’administration judiciaire de l’empire. Il se radicalisa jeune dans les mouvements ultranationalistes ukrainiens (1910), rejoignant aussi le Plast à sa création (1912). Il participa à un camp au Monténégro (1913), rejoignant un groupe paramilitaire (1914). Il fut mobilisé dans l’armée autrichienne (1914). Il fut capturé au moment des défaites austro-hongroises conduisant au siège de Lvov (14 septembre 1914). Il resta dans un camp de prisonniers jusqu’à la révolution russe (1917). Il passa en Ukraine, rejoignant les forces nationalistes ukrainiennes et participant à l’écrasement d’une insurrection bolchevique à Kiev (janvier 1918). Il servit dans les rangs de l’Hetmanat de Skoropadsky, puis s’insurgea contre lui (novembre 1918). Il fut ensuite un officier dans l’armée de l’OUNR (1919-1920), jusqu’à la défaite finale et fut aussi l’un des responsables des pogroms commis par cette armée. Fait prisonnier par les Polonais, il fut interné, alors au grade de colonel (1920-1921). Il reprit des études, entra dans l’UVO, devenant l’un des cadres du Plast et l’organisateur de nombreux camps, y compris clandestins. Il fut arrêté par les Polonais après l’interdiction du Plast et emprisonné (1930-1932). Il poursuivit ses activités clandestines, y compris à l’arrivée des Soviétiques (1932-1940). Cependant, dans le démantèlement des réseaux ukrainiens, une photo fut découvert de lui dans un album (1940). Il tenta de prendre la fuite (juin 1940), bientôt arrêté par le NKVD. Au moment de l’invasion allemande et du Plan Barbarossa, il fut fusillé par les NKVD, dans la prison de Drogobytch, le 27 juin 1941. Deux de ses fils s’engagèrent dans la SS, servant dans la 14e division SS Galicie. Son épouse prit la fuite et s’installa aux USA (1950), mourant à Buffalo en janvier 1978.
Alexandre Tisovsky(9 août 1886-29 mars 1968), originaire de Lvov, alors en Autriche-Hongrie, il fit des études supérieures en Autriche, en Pologne et en Norvège. Ce fut lui qui fonda le Plast (1911-1912), formant les premiers groupes dans la région de Lvov (1912-1914), ainsi que les premiers manuels et les prestations de serment et d’autres standards idéologiques du mouvement. Il milita dans les groupes clandestins ultranationalistes ukrainiens, restant le chef du Plast, réélu constamment à sa tête (1924-1930), continuant des activités clandestines à son interdiction. Il resta à Lvov jusqu’en 1941, mais passa ensuite à Vienne, qu’il ne quitta plus. Il enseigna toute sa vie, toujours actif dans le Plast. Il mourut en 1968, mais ses restes furent transférés avec ceux de son épouse à Lvov, dans le carré des criminels de guerre de l’UPA#. De nombreux scouts du Plast étaient en effet passés dans cette armée.
Rotislav Volochine (3 novembre 1911-22 août 1944), originaire de la région de Rovno, fils d’un nationaliste et pogromiste, colonel dans l’armée de l’OUNR, Il fut l’un des membre de l’OUN# (1929), participant aux actions clandestines et terroristes contre les Polonais (années 30). Il fut finalement capturé et condamné à de la prison (mai 1939). Il n’y resta pas longtemps et fut libéré par l’attaque allemande contre la Pologne. Il rejoignit les maquis de Melnik, un moment agissant contre les Allemands, bientôt arrêté (1942). Il fut toutefois vite libéré, les Allemands voulant l’utiliser contre l’Armée Rouge. Il entra dans l’UPA# (1943), participant aux massacres de Volhynie et Galicie (1943-1944). Criminel de guerre, il devint le chef d’un groupe local dans la région de Rovno (novembre 1943), avant d’être liquidé par l’Armée Rouge avec une grande partie de ses hommes, le 22 août 1944.
Roman Voronka (12 janvier 1940-), originaire de Ternopol, Ukraine, alors soviétique. Son père était un ultranationaliste ukrainien, déporté et mort en prison (1943). Sa famille collabora avec l’occupant allemand et prit la fuite dans les fourgons de l’armée hitlérienne (1944). Elle s’installa en Allemagne, puis émigra aux USA (fin années 40). Il fit des études supérieures, intégra le Plast (1952), devenant professeur de mathématiques (1962-1991). Il passa en Ukraine, où il enseigna de nouveau (1991-1992). Il était le président de l’association de la langue ukrainienne, l’un des fondateurs de la Fondation d’aide aux enfants de Tchernobyl, mais pour des raisons politiques et non humanitaires. Il fut l’un des principaux réviseurs des manuels scolaires ukrainiens, dans le but de truffer les jeunes cervelles de « l’Ukraine » (années 90-2000). Il fut récompensé par le Président Kravtchouk, du prix « de figure émérite de la science et de la technologie de l’Ukraine » et d’autres prix honorifiques, en Ukraine ou aux USA.
# L’OUN, l’UPA et le Plast sont des organisations interdites en Fédération de Russie, pour l’extrémisme, être des organisations terroristes, l’incitation à la haine raciale et des faits historiques de crimes de guerre et contre l’Humanité.






