Bellingcat et l’OCCRP, des opérations de la CIA et du MI-6

25 février 2026 12:00

Le narratif sur les plateformes d’investigation Bellingcat et de l’OCCRP était déjà en train de s’écrouler depuis un moment, notamment sur la réalité de l’indépendance des deux groupes et sur la grossièreté de leurs enquêtes, qui étrangement ne visaient jamais d’autres cibles que… la Russie. Les deux plateformes, fondées en 2007 et 2014, affirmaient en effet faire du « journalisme d’investigation », mais n’ont jamais dévoilé aucune enquête sur l’Union européenne, la corruption en Europe, des hauts-fonctionnaires ou des politiques véreux dans les différents pays du continent… Pas la plus petite enquête sur les réseaux de pouvoir… rien, le vide sidéral, seulement et toujours : la Russie. Mais dernièrement, une véritable journaliste d’investigation, une Américaine, Lucy Komisar a sorti un énorme dossier sur les deux groupes… Ils ne sont en réalité qu’un, avec une adresse fantôme aux Pays-Bas. Elle a tout dévoilé, avec au programme de fausses enquêtes, la création de fakes news repris par la presse occidentale, des dossiers bidonnés, comme celui du vol MH17, Navalny, Skripal et bien d’autres… Elle concluait : « C’est une opération de propagande des services secrets américain et britannique ». Voici le « Scoop Komisar » qui a été beaucoup commenté Outre-Atlantique… mais bloqué par la presse française, car il dévoilait aussi que l’État français finançait l’OCCRP, au moins depuis 2014…

L’homme derrière les Panama Papers. Drew Sullivan, cela vous dit quelque chose ? Citoyen américain, de mère britannique, l’homme est connue pour la fondation de l’’OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project), le Centre d’étude de la corruption et de la criminalité organisée). Au départ de son existence, l’homme fit des études brillantes en ingénierie aérospatiale, à l’Université du Texas, dont il était originaire. Il fut recruté par la NASA, travaillant sur la dynamique des structures sur le projet de la navette spatiale Rockwell Space Systems. Son parcours bifurqua soudainement, avec le début d’une carrière de comédien, réapparaissant comme « journaliste d’investigation », pour l’Associated Press, ou le journal The Tennesean. Il s’installa ensuite en Bosnie-Herzégovine (2004), où il se fit remarquer très vite comme le « grand » journaliste d’investigation, fondant un premier centre, le CIN, Centre pour le journalisme d’investigation. Trois ans plus tard, il fondait avec Paul Radu, l’OCCRP (2007), se lançant dans des enquêtes d’investigation de très haut niveau et sortant d’énormes affaires et des masses de documents. C’est son organisation qui sortit les Panama Papers, lui valant bientôt un prestigieux prix Pulitzer (2017). Ces informations ne pouvant être fournies qu’avec l’aide de services secrets et de personnes bien placées, de hauts-fonctionnaires ou de personnalités. De fait les suspicions de son emploi par une ou plusieurs officines occidentales étaient déjà de longue date d’actualité. Craignant les poursuites judiciaires dites bâillons, Sullivan avait aussi fondé le « Reporters Shield », le bouclier des reporters, une association mettant des moyens judiciaires, juristes et avocats au service de médias ou d’ONG.

Le réseau Bellingcat. En parallèle et dans les mêmes années, un Britannique, Eliot Higgins, fonda le collectif international de journalisme d’investigation, Bellingcat (2014). La structure s’installa aux Pays-Bas et se rendit célèbre par la diffusion de nombreux « scoops ». S’affirmant indépendant, il recruta bientôt une équipe de plus de 40 personnes, organisation considérable et lança une plateforme participative de « mouchards », soit plusieurs dizaines milliers de bénévoles afin de récolter des informations, via la plateforme Discord. Ce qui fut immédiatement très suspect dans l’action de Bellingcat, ce fut sa première « mission ». Le groupe sortit de son chapeau une version de la destruction du vol MH17 au dessus du Donbass dans l’été 2014. Alors que de nombreuses pistes menaient à un avion de chasse ukrainien, Bellingcat s’échina à « prouver » que l’avion avait été abattu par un système antiaérien russe BOUK. Les « enquêtes » officielles mirent du temps à démarrer et c’est après 2022… qu’il fut affirmé et « confirmé » que cette version était la seule vérité… balayant justement cette dernière. Le groupe se focalisa ensuite quasi uniquement sur la Russie, sortant l’affaire des Skripal (2018), sombre affaire d’empoisonnement au Novitchok, suivie de celle de l’empoisonnement supposé d’Alexeï Navalny (2020). Le montage était un fake grossier, mais traversa toute la presse occidentale, malgré toutes les contre-enquêtes pour devenir « LA version officielle ». Mais de telles actions attirèrent la suspicion, d’abord sur les finances du groupe… Il fut bientôt prouvé que Bellingcat était financé par la NED, organe de financements américain lié à la CIA… mais aussi de l’Open Society Foundation de George Soros, parmi d’autres sulfureuses sources de financements. Mis en difficulté le groupe affirma tirer ses informations : « des sources ouvertes et de fuites ou de l’achat par la corruption d’informations capitales ». Le mythe de l’indépendance de Bellingcat s’effondra très vite, d’abord par les sources de financements, puis par la nature du travail du groupe, ne faisant plus de journalisme, mais le boulot de services de renseignements. En réalité, il s’agissait d’une officine du MI-6… Ceci explique pour beaucoup les fameuses informations, les indics… et la fabrication de fakes dans la guerre psychologique et cognitive menée dans le monde contre la Russie.

Les médias occidentaux s’interrogent. Dernièrement, dans un article du 30 août 2025, l’Anti-Spiegel s’interrogeait sur les deux plateformes et les dégâts qu’elles font dans l’auditoire occidental. Dans les deux cas, les groupes ont été déplacé dans des pays tiers, la Bosnie-Herzégovine et les Pays-Bas. Dans les deux cas les deux structures ont fait croire à leur « indépendance ». La délocalisation des groupes, en partant des USA et du Royaume-Uni, permettait en premier lieu d’affirmer, ou d’éloigner les suspicions sur leurs accointances directes avec les services secrets de ces deux pays. Dans les deux cas, l’Europe fut choisie comme terrain d’action. Bien que se voulant des groupes « d’investigation à l’international », les deux structures n’ont jamais attaqué sur place aucune des institutions européennes, encore moins un gouvernement européen. Rien sur l’Union européenne, rien sur le plus petit scandale pouvant mettre en cause en Europe, politiques et hauts-fonctionnaires. Enfin, les deux structures furent fondées au début des années 2000 et 2010, et les deux structures ne se sont employées finalement qu’à un assaut en règle contre la Russie et uniquement la Russie. Aux Pays-Bas où Bellingcat possède son siège et une société écran, les véritables journalistes d’investigation découvrirent qu’il ne s’agissait que d’une « boîte postale »… il n’y avait aucuns locaux ou bureaux. Pour le journal The Realist Review, une journaliste américaine découvrit l’adresse supposée du groupe. Elle trouva porte close et le siège social d’une entreprise, il lui fut répondu : « qu’aucune autre entreprise ne possédait de bureaux dans le bâtiment ». Cette adresse, la 449a Herengracht à Amsterdam était aussi celle… de l’OCCRP. Le bâtiment en question appartenant selon son enquête à l’Amsterdam Office Space, une entreprise de services téléphoniques et de transferts postaux. Ainsi commença une nouvelle enquête.

L’OCCRP et Bellingcat… une même adresse. L’affaire fut dévoilée par la journaliste d’investigation américaine Lucy Komisar (1942-), célèbre pour ses travaux indépendants, dans ce qui est appelé désormais « Le Scoop Komisar ». L’enquête se poursuivant, la journaliste découvrit que Bellingcat était enregistré à la Chambre de commerce, sous une fausse activité et un faux nom. L’entreprise était censée être : « une entreprise spécialisée dans la production cinématographique et la recherche et développement en sciences sociales et humaines ». Elle produisit de nombreux documents, notamment sur les transferts d’argent via l’OCCRP, pour ensuite les dispatcher secrètement vers des journalistes achetés, ou pour des ONG d’infiltrations et de la guerre psychologique, présentées comme indépendantes, pour la « défense de la presse » ou « de la démocratie ». La conclusion de son travail a été sans appel : « L’OCCRP et Bellingcat ne sont pas des médias indépendants, mais des opérations de propagande occidentale financée par les gouvernements américain et britannique pour promouvoir des narratifs spécifiques et montés de toutes pièces ». Elle avait démontré précédemment dans diverses enquêtes des faits de corruption dans de grandes multinationales américaines et démonté la version du film Navalny, reprenant le fake de l’empoisonnement et d’autres montages grossiers, faisant paraître ses articles dans des journaux prestigieux comme The Wall Street Journal.

L’USAID, NED et services secrets américain et britannique. En novembre 2021, Samantha Power alors directrice de la célèbre USAID avait osé déclarer publiquement que l’OCCRP : « était un partenaire de l’USAID ». Depuis, comme chaque le sait, l’agence de la NSA et de la CIA a été démantelée par le Président Trump (janvier 2025), mais il reste d’autres agences. La NED est par exemple derrière les deux groupes, dont la tête principale de l’hydre est l’OCCRP. Partant de la NED, l’argent transitait vers l’OCCRP, définie comme « indépendante», puis filait vers l’Europe et à l’époque également la Russie, pour « des médias » et d’autres « journalistes indépendants ». De part sa délocalisation et avec cette subtilité de groupes sensés être indépendants, le soutien des services secrets occidentaux était gommé. Lucy Komisar a révélé que l’OCCRP employait plus de 200 agents, dans une soixantaine de pays et inondant ensuite plusieurs centaines de journalistes, y compris en France. Entre 2014 et 2023, rien que pour l’OCCRP, l’organisation a été dotée de… 90 millions de dollars, dont 47 millions venant des USA, le reste… des gouvernements du Royaume-Uni, de la France, de la Suède, du Danemark ou des Pays-Bas, pour les principaux… Parmi les autres sources sulfureuses de financement dénoncées, citons le RUSI, la Royal United Services Institute, « le plus ancien think thank britannique sur les questions de défense et de sécurité », dont le vice-président est David Petraeus… ancien directeur de la CIA… Mais la suite de l’enquête de Lucy Komisar frappe encore plus fort, révélant les dessous des montages propagandistes et fakes de Bellingcat et de l’OCCRP, de véritables usines à désinformer et manipuler les opinions publiques occidentales. Et la suite n’est pas triste… que vous pouvez découvrir dans ce même article de l’Allemand Thomas Röper, déclinant ensuite d’autres dessous sulfureux… jusqu’à un ancien agent de la RDA recyclé.

IR
Laurent Brayard - Лоран Браяр

Laurent Brayard - Лоран Браяр

Reporter de guerre, historien de formation, sur la ligne de front du Donbass depuis 2015, spécialiste de l'armée ukrainienne, du SBU et de leurs crimes de guerre. Auteur du livre Ukraine, le Royaume de la désinformation.

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