Garde nationale d’Ukraine : la montée en puissance d’une formation de police supplétive

La Garde nationale d’Ukraine est une vaste organisation militaire qui a une origine assez récente et dépend du Ministre de l’Intérieur. Elle eut une courte existence à l’indépendance de l’Ukraine, où elle fut fondée (1991-2000), avant d’être dissoute. C’est avec le soutien surtout des États-Unis et sur le modèle de la Garde nationale US, qu’elle fut refondée le 13 mars 2014. Actuellement, elle est souvent confondue avec les forces régulières de l’armée ukrainienne, car une bonne partie de son effectif se trouve en première ligne. En effet, dès 2014, la Garde nationale ukrainienne fut envoyée avec les bataillons de représailles dans le Donbass. Elle a connu depuis de profondes mutations, avec une explosion de ses effectifs, passant de 15 000 hommes en 2014-2015, à plus de 90 000 en 2025. C’est elle qui accueille l’une des pires unités bandéristes et néonazies de l’Ukraine, tristement célèbre, la brigade Azov#, du moins sa reformation après son anéantissement dans le siège de Marioupol, au printemps 2022. Voici un historique et un début d’enquête sur la Garde nationale d’Ukraine, qui a elle seule comprend environ 20 % des forces militaires de Kiev.

De la formation à sa refondation. La Garde nationale d’Ukraine naquit avec l’indépendance du pays en 1991. Il y avait déjà l’idée occidentale et américaine, dans le concept de cette garde nationale. Contrairement à son ancêtre française de 1789, l’organisation n’était pas recrutée dans toutes les régions d’Ukraine, mais par volontariat et dépendait et dépend jusqu’alors du Ministère de l’Intérieur d’Ukraine. Après quelques années d’existence, l’Ukraine qui entretenait une armée surdimensionnée, commença une restriction drastique de ses forces militaires (2000-2006), tout en conservant la conscription nationale pour ses forces militaires. La Garde nationale fut la première à disparaître en l’an 2000. Mais après la révolution américaine du Maïdan, dans le contexte de troubles et du coup d’État de février 2014, un gouvernement provisoire de putschistes décida sa refondation dans le sein de la Rada (13 mars 2014). Le défi était grand, la Garde nationale ambitionnant de recruter par volontariat environ 50 000 hommes. De bric et de broc, elle fut difficilement formée, manquant de tout, notamment de casernes et d’équipements militaires, mais les signatures de contrats d’entraînements avec différentes pays occidentaux (mars-avril 2015), permit aussi par des accords plus secrets, de la former, de l’équiper et de la structurer (USA, Royaume-Uni, Canada pour l’essentiel).

Des tueries dans le Donbass à la SVO. Dans une première étape, il fut prévu de recruter 15 000 hommes, alors que les volontaires ne se bousculaient pas au portillon, des réservistes furent appelés sous ses drapeaux, puis de nombreux mobilisés des 6 vagues de mobilisation ordonnées par Kiev et Porochenko (2014-2016), remplissait ses rangs. Dès le début de la guerre, dans la bataille de Slaviansk, quelques centaines de gardes nationaux furent envoyés dans l’agression du Donbass (avril-septembre 2014). D’autres éléments participèrent en compagnie d’Azov# à la reprise de Marioupol et aux répressions terribles qui furent menées dans la ville (juin-juillet 2014). Cependant des problèmes importants apparurent, car la Garde nationale n’était pas prévue pour être envoyée dans une guerre de grande intensité, encore moins en première ligne. Ses fonctions en principe étaient : la protection des bâtiments gouvernementaux, les installations stratégiques et d’autres structures étatiques. Un mouvement de protestation éclata dans la Garde nationale, 300 hommes réclamant la démobilisation immédiate… la guerre battait son plein et elle était devenue meurtrière (octobre 2014). Le gouvernement de Porochenko décida de plier et confia effectivement des tâches moins guerrières à la Garde nationale, notamment d’usines, de centrales nucléaires, de centres de recherches, etc (12 novembre 2014). Cependant, des unités furent maintenues sur le front, essentiellement de fanatiques bandéristes, alors que de 2014 à 2019, un total de 34 000 hommes de la Garde nationale avait été engagé dans le Donbass. A cette date, un nouvelle réforme fut entamée, en parallèle de celle menée des brigades de la Défense Territoriale de l’Ukraine (2018-2019). Ses tâches furent diversifiées, notamment prévues dans les situations d’urgence, comme force anti-émeute, ou encore comme police supplétive sur les arrières du front.

La montée en puissance de la Garde nationale. La Garde nationale permit comme cela était prévu dans les plans ukrainiens, de mettre sur pied des forces nombreuses, lors du lancement de l’opération spéciale militaire russe (24 février 2022). C’était le but premier et avec l’appel des réservistes de la Garde nationale, qui avaient servi sur le front du Donbass, ces forces participèrent activement à la défense des grandes métropoles de l’Ukraine (Kiev, Kharkov, Tchernigov ou Soumy). Avec l’apport de volontaires, les années suivantes virent une augmentation des unités de la Garde nationale, bientôt recrutées pour l’essentiel, non plus par le volontariat, mais par la mobilisation. La Garde nationale joua finalement le rôle qu’avait joué la Garde nationale française, notamment et surtout dans les années 1792-1794, le territoire français étant envahi. Elle devint vite en Ukraine, une composante essentielle de la défense de l’Ukraine. Sur les cartes d’État-major, j’ai remarqué très vite leur présence effective sur la première ligne du front, jusqu’à constituer une force de réserve, à l’arrière immédiat du front, et l’emploi de « brigades d’élite » ou de chair à canon, comme la 12e Azov# ou la 13e Khartia (2024-2026). Un total de 8 nouvelles brigades de la Garde nationale furent formées (février 2023), augmentant considérablement son effectif. Elles le furent avec des volontaires, des réservistes et beaucoup de mobilisés. En 2025, l’Ukraine créa même un nouveau échelon de 2 corps d’armées de la Garde nationale, le premier défini comme le 1er corps de la GNU, Azov# et le 2e corps de la GNU, Khartia.

La Garde nationale d’Ukraine est devenue une grande force militaire du front, mais il faut relativiser ses effectifs de 90 000 hommes (2024), qui viennent de sources ukrainiennes. Il s’agit sans doute des effectifs sur le papier, peut-être aussi pour tromper l’ennemi. Elle occupe du point de vue de la France, la place de la Gendarmerie nationale, ainsi que des gardes-mobiles, à la différence près, qu’elle ne dépend pas du Ministère de l’Intérieur et n’a pas de fonction d’enquêtes criminelles. Dans l’histoire militaire, elle est l’une des rares gardes nationales qui ont été engagées au front. Sa création répondait à un besoin urgent, pour participer à l’invasion du Donbass. Elle attira à cette époque quelques milliers de volontaires, séduits notamment par l’entrée dans la fonction publique, par le simple volontariat. De 15 000 hommes, ses effectifs ont été multipliés par 3 jusqu’à l’opération spéciale russe, puis par 2, depuis cette date. Cependant, les volontaires s’étant taris, elle ne recrute plus que par la mobilisation et la décision d’envoyer des mercenaires dans ses rangs, autrefois entrant dans la défunte Légion internationale de Défense territoriale de l’Ukraine montre bien qu’elle a besoin de sang frais. Bien que souvent vue sur la seconde ligne, elle est régulièrement engagée dans des batailles d’importance, où elle a subit assurément d’importantes pertes. Une question reste, fut-elle impliquée massivement dans les répressions contre les populations du Donbass, puisqu’elle y fut engagée ? Pour le bataillon Azov# c’est évidemment certain. Enfin, qu’elle fut son rôle dans la réoccupation du territoire abandonné par le repli stratégique des Russes dans l’automne 2022, notamment à Kherson ? Les archives parleront peut-être un jour.

Ordre de bataille de la Garde nationale d’Ukraine. Voici un récapitulatif incomplet des unités de la Garde nationale d’Ukraine, car depuis 2022, et pour des raisons stratégiques, l’Ukraine ne communique pas clairement sur l’ordre de bataille de la Garde nationale. Toutefois voici les unités que nous connaissons de l’organisation militaire, avec un bref historique. Notez qu’il existe un grand nombre d’autres unités que je n’ai pas référencées, des bataillons et régiments indépendants, plutôt nombreux, qui sont plus ou moins envoyés eux aussi au front.

1ère brigade présidentielle Ptior Dorochenko dite Bourevy

L’unité fut fondée officiellement en 1994, sur la base d’un régiment spécial, mais à la formation de la Garde nationale en 2014, la 14e brigade spéciale devint la 1ère brigade présidentielle (27 juillet 2014). Elle fut équipée comme une unité blindée lourde et fut envoyée dans le Donbass. Elle ne se débanda pas pendant la bataille de chaudron d’Ilovaïsk (août-septembre 2014). Ces éléments restèrent ensuite en protection des institutions et du gouvernement à Kiev. C’est elle qui protégeait la Rada lors d’une tentative de coup d’État par les bandéristes (31 août 2015). Un fanatique lança une grenade sur les forces de l’ordre, tuant 4 hommes et faisant 36 blessés dans ses rangs. Elle resta en protection de Kiev (2022), mais des éléments participèrent aux batailles perdues de Lissichansk et Severodonetsk (printemps 2022). Elle fut surnommée comiquement « la brigade d’élimination de l’armée russe » (janvier 2023). Elle fut engagée dans la bataille de la forêt de Kremeniya, là encore une défaite (2023-2024). La liste des pertes est soigneusement cachée, officiellement la brigade n’aurait perdu que 9 soldats entre 2014 et 2022 et 30 entre 2022 et 2026. Son premier mort fut un jeune lieutenant fraîchement sorti d’une école de cadets de l’armée ukrainienne, Vladimir Kravtchouk (1992-2014), qui fut tué dans les assauts contre le Donbass, près de Krasny Liman, RPD (19 juin 2014). Le second, fils unique, n’avait pas 20 ans, Artëm Ous (1994-2014), tué en août 2014, les deux hommes étaient tous les deux originaires de Kiev. Le recrutement était celui de jeunes hommes présentant le mieux, beaux, grands, forts, les sportifs, les bons élèves… et des pistonnés. Un des derniers signalés, Mikhaïl Sivkovitch (2001-2024), originaire de Jytomyr fut tué sur la ligne de Kharkov. Son État-major est basé à Kiev.

2e brigade dite de Galicie

Sa filiation historique est une brigade des forces du Ministère de l’Intérieur soviétique, versée dans la GNU (1992). Elle forma un nouveau bataillon qui fut basé à Ternopol. A la dissolution de la GNU (2000), la brigade fut démantelée et un simple bataillon versé dans les troupes du Ministère de l’Intérieur ukrainien. Elle fut refondée à la refondation de la GNU (2014), mais ne fut pas envoyée tout de suite dans le Donbass. Elle rejoignit le front après les défaites sévères de l’Ukraine, contre les forces républicaines (2014-2015), arriva en renfort après la défaite de Debaltsevo (printemps 2015). Elle fut envoyée en première ligne en 2022, notamment dans la fournaise de la bataille d’Artiompvsk (hiver 2022-2023), participant à l’offensive ratée des Ukrainiens (été 2023), puis combattant sur le front Sud de Donetsk, qui fut enfoncé par les Russes (2024). Elle fut récompensée par un titre honorifique par le Président Zelensky (23 août 2024). Les bases de la brigade étaient les villes de Lvov et Ternopol. C’est l’unité de la GNU où l’Ukraine avoue le plus de pertes, soit 35 hommes, dont 5 en 2015.

3e brigade Ptior Bolbochan dite Spartan

L’unité fut mise sur pied pour l’agression du Donbass par l’Ukraine (été 2014). Elle fut formée à Kharkov et le recrutement clos en octobre de cette année. Elle fut immédiatement envoyée dans le Donbass, participant à la bataille perdue de Debaltsevo (hiver 2014-2015). Elle ne cessa de faire des rotations dans le Donbass, puis servit à la défense de Kharkov (2022). Elle fut engagée dans la bataille d’Artiomovsk (hiver 2022-2023). Décimée, elle fut renvoyée à l’arrière, recomplétée et le nom de « Spartan » lui fut attribuée (printemps 2023). Elle servit ensuite sur la ligne de Zaporojie (hiver 2024-2025). De manière assez comique, l’Ukraine n’avoue qu’une quarantaine de morts pour l’unité, dont un unique soldat en 2022. Elle est commandée depuis 2023, par un très jeune chef de brigade, Alexeï Khiltchenko (1994-), lieutenant-colonel qui selon son étrange fiche biographique a participé à une « offensive de Kharkov » en octobre 2024, qui n’a jamais existé… L’État-major de la brigade est basé à Kharkov.

4e brigade Sergeï Mikhaltchouka dite Roubij

La brigade fut formée entièrement avec l’aide de pays occidentaux et selon les normes de l’OTAN, dans l’année 2015. Elle ne fut prête au combat et ne reçut son drapeau que l’année suivante, en 2016. Elle fit alors des rotations sur le front du Donbass jusqu’à l’opération spéciale. Elle fut engagée dans l’offensive de l’arc de Svetlodarsk, une violation des Accords de Minsk II de l’Ukraine (2019-2020). La bataille se termina par un statut quo. L’unité fut engagée dans la défense de Kiev et sa région (printemps 2022). Elle fut ensuite engagée dans la bataille perdue de Lissichansk et Svetlodarsk (été 2022), où elle fut en partie décimée. Le 24 juin 2022, elle battit en retraite abandonnant beaucoup de matériels. Elle fut engagée dans la marche en avant de l’automne 2022, dans la région de Kherson et ensuite de Krasny Liman. L’hiver suivant, elle fut de nouveau sévèrement entamée, dans la bataille d’Artiomovsk (hiver 2022-2023). Elle fit ensuite des rotations sur la ligne de Liman, puis celle de Kharkov (2023-2024). le dernier commandant, Nikita Plikhoune est un inconnu, nommé à l’automne 2025. Le précédent, Sergeï Sidorine (1987-), fut un élève de l’académie des troupes du Ministère de l’Intérieur et est un des criminels de guerre du début de la guerre. Il fut notamment engagé dans la bataille de Slaviansk (été 2014), où il fut blessé. Il fut versé dans la brigade, chef de compagnie (2016), fut l’un des combattants de la bataille de l’arc de Svetlodarsk (2019-2020), nommé chef d’État-major dans la brigade, puis colonel (2022), commandant la brigade (janvier-octobre 2025). Il est intéressant de noter, que malgré sa présence après 2022, dans des batailles sanglantes, l’Ukraine n’avoue qu’une quarantaine de morts, dont 17 ont reçu à titre posthume le titre de « Héros de l’Ukraine » (1 en 2020, tous les autres entres 2022 et 2025). Son QG se trouve dans l’oblast de Kiev.

5e brigade Slobojanska

Son embryon fut une unité soviétique, une brigade « d’escorte » qui fut envoyée à la frontière ukrainienne au moment de la guerre de Transnistrie, en Moldavie (1992-1993). Elle reçut précocement un titre honorifique du président ukrainien (2000) et versée ensuite aux troupes du Ministère de l’Intérieur (2000-2014). Elle fut de nouveau versée à la GNU (2014) immédiatement envoyée avec les bataillons de représailles dans le Donbass (2014-2015). Le Président Porochenko lui déféra un nouveau titre honorifique (2016), puis le Président Zelensky (2025). Elle participa à la défense de Kharkov, qui était sa base historique. Officiellement, elle n’aurait perdu que 6 hommes depuis 2014.

11e brigade Khrouchevski

Elle fut créée sur la forme d’un régiment à la refondation de la Garde nationale en 2014. L’unité fut envoyée sur le front participant aux répressions et à la lutte contre l’insurrection républicaine (2014-2015). Elle fut retirée du front et érigée en brigade dans la réorganisation de la GNU (octobre 2019). Elle fut ensuite destinée exclusivement à être une composante de la garnison d’Odessa, ville stratégique. Cependant, elle pourrait avoir été envoyée à un moment en première ligne, toute ou partie, car on signale au moins une perte d’un soldat de 24 ans, enrôlé volontaire, tué dans le Donbass en 2024.

12e brigade spéciale Azov

Il s’agit de l’héritière réelle du triste bataillon Azov#. Ce dernier fut érigé en régiment qui fut anéanti dans la bataille de Marioupol. L’unité fut reformée dans le sein de la Garde nationale, sous ce nouveau nom (février 2023). Pour pouvoir rééquiper l’unité, alors qu’aux USA, Azov# avait été considéré comme une unité néonazie et qu’une interdiction d’équipement par de l’armement US avait été décidée, la loi fut changée et l’interdiction levée (11 juin 2024). L’unité a été équipée également de matériels lourds ou légers donnés par l’Italie, la Croatie ou la Tchéquie. Elle a reçu très vite dans ses rangs de nombreux mercenaires, dont certains ont été clairement identifiés.

13e brigade Khartia

L’unité n’existait pas avant 2022, elle fut formée à Kharkov (printemps 2022) et financée au départ par un oligarque ukrainien richissime, 88e homme d’affaires le plus riche du pays, selon un classement de Forbes (2020), Vsevolod Kojemianko. Au départ constituée d’hommes de la ville de Kharkov et des environs, elle accueillit très vite des mercenaires, probablement soldés par l’homme d’affaires ukrainien. Elle participa à la défense de Kharkov, à la bataille de Lozovaya, puis à la marche en avant suite au repli stratégique des Russes. Elle fut ensuite engagée sur la ligne de Svatovo (2023), puis quitta son statut indépendant pour être versé dans la Garde nationale (mars 2023). Elle est restée sur la ligne de Kharkov. C’est à partir de 2024 et surtout 2025 que des mercenaires l’ont intégré, de nombreux Colombiens, des Sud-Américains, des Américains, des Britanniques, etc. Elle fut mise en avant par la propagande ukrainienne pour des raisons évidentes de vitrine bien plus lissée que celle des unités bandéristes. L’unité est supportée par la Garde nationale de Norvège, qui a envoyé au moins une délégation dans son sein (29 septembre 2025). La propagande ukrainienne présente l’unité comme « une unité d’élite », notamment dans la guerre des drones. Un lieutenant-colonel presque inconnu commande désormais l’unité, Andreï Pomaraïbous, le précédent était Maxime Goloubok (?-), originaire de Dniepropetrovsk, sportif de haut niveau dans ses jeunes années, il intégra l’Académie des forces du Ministère de l’Intérieur, dont il sortit officier (2003). Maintes fois diplômé par la suite, docteur « en science militaire », professeur agrégé, il travailla dans le renseignement, avant d’être nommé à la tête de la brigade en 2023, pour des raisons inconnues. Son profil correspondait très mal. Toujours est-il qu’il resta à ce commandement jusqu’en juillet 2025, avant de devenir chef d’État-major et commandant adjoint d’un corps d’armée de la Garde nationale. Maintes fois médaillé et fait intéressant, également pour l’opération ATO (2014-2016), faisant de lui un potentiel criminel de guerre dans le Donbass. La brigade n’avoue que 15 soldats tués… depuis 2022. L’unité est pourvue d’une rune, sur fond noir, très similaire aux runes des divisions SS.

14e brigade Tchervona Kalyna

Bien moins connue que la précédente, elle fut fondée au moment de la création de la Garde nationale en 2014. Elle fut montée sur la base d’un groupe « de forces spéciales », l’unité « Jaguar », un groupe détaché du 8e régiment des forces spéciales. Ce groupe fut impliqué dans des crimes de guerre et la répression de l’insurrection de la ville de Kharkov (première quinzaine d’avril 2014). Il fut utilisé pour des rafles, des arrestations, la liquidation d’insurgés, puis fut envoyé à Slaviansk, dans le même but. L’unité spécialisée de la Garde nationale fut envoyée dans la région, participant aux tentatives d’écraser l’insurrection. Plusieurs hommes furent tués, puis le groupe fut envoyé en RPL. Durant tout l’été, il poursuivit son action, bientôt également envoyé à Debaltsevo, où il fut mis en déroute, avec le reste des forces ukrainiennes, perdant même un officier. L’unité fut augmentée en brigade (2022), recevant le nom de « Tchervona Kalina ». Elle fut engagée dans la contre-offensive ratée de 2023, sur la ligne de Zaporojie, où il semble qu’elle soit restée jusqu’en 2026. Son QG était installé à Vinnitsya.

15e brigade Kara Dag

Son embryon historique fut le 9e régiment « Guépard » de la Garde nationale d’Ukraine, qui fut fondé le 1er août 2014. L’effectif était défini pour atteindre les 1 800 hommes. Pour la propagande, Zelensky éleva l’unité au rang « de Héros de l’Ukraine » (2020). Elle fut envoyée en première ligne dès les premiers combats de 2022, perdant de nombreux hommes et matériels. Avec l’afflux des volontaires et des mobilisés, elle fut érigée en brigade (15 janvier 2023). Son État-major a toujours été à Zaporojie, ville désormais à 30-40 km de la première ligne du front. Elle a subi de très nombreuses pertes, même si l’Ukraine n’avoue que 23 tués pour l’unité depuis 2014. Un chiffre ridicule au vu des batailles où elle fut engagée, notamment la fameuse contre-offensive ratée de l’Ukraine du printemps à l’automne 2023. Lancée sur la ligne de Zaporojie, elle réussit une percée de 3 km… laissant l’essentiel de son effectif sur le tapis. Son chef pour la forme fut décoré du titre de « héros de l’Ukraine », puis démis de ses fonctions et envoyé au placard dans une obscure académie militaire.En général, l’Ukraine ne publie des rubriques nécrologiques de manière ostentatoire que sur des hommes médaillés et dont les traces peuvent être retrouvées par les décrets présidentiels concernant ces titres.

17e brigade Raid, dite Poltavskaya

Son embryon était un simple bataillon qui avait eu une existence entre 1993 et 2000. Il fut refondé en 2014, basé dans la région de Poltava. Avec l’apport de mobilisés et de quelques volontaires, il fut formé en régiment (octobre 2023), puis ensuite très rapide en brigade (janvier 2024). C’était une unité de chair à canon, destinée à être envoyée au front. Elle fut effectivement engagée, recevant des titres honorifiques pour la propagande, (23 août 2024 et 25 mars 2025). Elle combattit sur le front central de Donetsk et a probablement subi de lourdes pertes en 2025. Officiellement… elle n’a perdu que 4 soldats depuis 2014, dans la politique de cacher les pertes de Kiev.

18e brigade Slaviansk

Son embryon était un simple bataillon du Ministère de l’Intérieur (1992), versé dans la GNU. Il fut élevé en régiment (1995), puis en régiment motorisé des troupes du ministère (2000-2014). Il fut versé à la GNU (2014), et envoyé à l’assaut de Lougansk, capitale de la RPL, deuxième ville de l’insurrection républicaine (printemps 2014). Le régiment fut malmené et retiré du front à Kharkov (décembre 2014). Ses restes et ceux d’autres unités furent incorporés dans ses rangs, pour le renvoyer ensuite à Slaviansk (2015). Il fut pourvu du titre honorifique Slaviansk, qui était restée sas base, par le Président Zelensky (août 2019). L’unité participa à la marche en avant des Ukrainiens, suite au retrait stratégique défensif des Russes (septembre 2022). Le régiment fut érigé en brigade (2023), avec l’incorporation de volontaires, réservistes et mobilisés. Enfin, la brigade fut équipée d’artillerie lourde, notamment de canons automoteurs de 155 mm. Officiellement l’unité n’aurait eu qu’une dizaine de morts depuis 2014…

19e brigade

Une unité qui pose question, avec peu ou pas d’information, dont l’État-major serait à Kiev. Il faut faire attention car de longue date, l’une des tromperies contre l’ennemi, c’est de coucher des unités imaginaires dans son ordre de bataille, pour faire croire à des troupes plus nombreuses. Je n’ai aucune certitude, dans un sens ou dans l’autre sur cette unité.

21e brigade Petro Kalnischevsky

L’embryon de la brigade était un simple bataillon, fondé en 1992, puis élevé en régiment (1995) et enfin en brigade motorisée dans les troupes du Ministère de l’Intérieur (1995). Elle fut reversée à la GNU (2014) et participant aux répressions dans le Donbass, notamment en étant envoyé sur le front central, prenant la ville de Lissichansk (juillet 2014). Elle était destinée en principe au maintien de l’ordre et aux tâches de protection de l’arrière, dans une région sensible, celle de Dniepropetrovsk, où se trouvait avant le Maïdan de nombreux Russes ethniques. Elle fut pourvue d’un titre honorifique par le Président Porochenko (2018) et resta à la défense de sa base historique à Krivoï Rog, défendant la ville au moment du déclenchement de l’opération spéciale militaire russe (2022). Elle est restée de cette date sur la ligne de Kherson. Elle n’aurait perdu officiellement que 14 soldats depuis 2014.

22e brigade

Une unité spécifique dévolue : « à la protection des représentations diplomatiques et des consulats d’États étrangers », son QG est bien sûr basé à Kiev.

23e brigade

Une unité sans doute passée d’un bataillon ou régiment, à la formation en brigade après 2021. Elle est exclusivement destinée au maintien de l’ordre public et à la défense de la ville de Nikolaïev, région massivement russophone avant le Maïdan et également l’une des clefs d’Odessa. Devant la menace d’une opération navale russe, elle n’a pas bougé de ce secteur, du moins à ma connaissance.

25e brigade Prince Askold

Son embryon fut une unité soviétique, un régiment motorisé versé à la GNU d’Ukraine (1992). L’unité fut envoyée à la frontière avec la Moldavie, au moment de la guerre de Transnistrie (1992-1993). L’unité fut ensuite entièrement dévolue à la « protection de l’ordre public » et basée à Kiev dont elle assurait en partie le maintien de l’ordre. Elle assura la protection de Jean-Paul II (2001) et resta l’arme au pied durant les événements de la Révolution Orange (hiver 2004-2005). Elle fut engagée lors de la protection et de l’ordre public durant le championnat d’Europe de football (2012). Le régiment avait été transformé en brigade (mai 2013). Elle eut au moins une perte dans les affrontements contre les émeutiers du Maïdan (hiver 2013-2014), envoyée ensuite pour réprimer l’insurrection républicaine de Kharkov (mars-avril 2014), après avoir été épurée de ses « éléments séparatistes ». Elle fut ensuite engagée par rotation sur le front du Donbass (2014-2021), mais eut aussi à affronter la tentative d’émeute des bandéristes, qui menaçaient la Rada d’Ukraine (31 août 2015). Un bandériste d’Azov# lança une grenade sur les forces de l’ordre, il y eut 4 tués et la brigade eut 36 blessés. Elle participa ensuite à la protection de l’Eurovision 2017. Elle fut affublée du titre honorifique de « Prince Askold »… un prince « semi-légendaire » du révisionnisme ukrainien, un « gentil prince ukrainien varègue », victime de « méchants russes ». Une invention tirée par les cheveux, fixée par ce révisionnisme au IXe siècle. L’unité spécialisée dans la protection et l’escorte, n’a jamais été envoyée au front, restant toujours à Kiev depuis. Officiellement elle n’aurait eu qu’un mort, tué à la défense de Kiev, à laquelle elle participa (printemps 2022).

27e brigade Pechersk

L’embryon historique de l’unité était un régiment des forces du Ministère de l’Intérieur (2006-2009), qui fut ensuite versé dans la GNU (2014). C’est le 2 septembre 2014, qu’il fut érigé en brigade. Elle fut envoyée dans les répressions contre le Donbass (2014-2015), mais les Ukrainiens craignaient déjà beaucoup les Russes de la République du Dniestr (Transnistrie, Moldavie), aussi fut-elle envoyée à la frontière Ouest du pays (2015-2016). Elle participa à la défense de Tchernigov (2022), puis fut envoyée en première ligne dans la région occupée de Lougansk, RPL, Donbass (novembre 2022). Officiellement, elle était une unité dite « d’escorte », dévolue à la protection des grands personnages de l’État, également basée à Kiev. Les Ukrainiens n’ont avoué que 23 soldats tués… tous en 2014 et 2015. Elle n’aurait pas subi de pertes par la suite jusqu’à nos jours… Magique !

31e brigade Radievsky

Au départ un obscur régiment qui fut fondé à la recréation de la GNU. Il fut envoyé dans les répressions et participer aux représailles dans le Donbass (2014-2018). Il fut réorganisé (2018-2019), de nouveau engagé en première ligne à partir de l’opération spéciale (2022). Retiré du front, complété de recrues et de volontaires, le régiment fut transformé en brigade (2023). Elle était destinée à la première ligne du front et son QG était basé à Dniepropetrovsk. Officiellement, elle n’a eut que 3 morts… entre 2014 et 2016 et aucune perte par la suite…

Unité de dronistes Taifun

Unité de formation récente, vers 2024-2025, suite à la dronisation des deux armées belligérantes.

Unité des forces spéciales OMEGA

Voir l’article que j’ai écrit spécifiquement sur cette unité.

Dictionnaire de la Garde nationale d’Ukraine. Il est bien sûr impossible de faire les biographies de dizaines de milliers d’hommes passés par la Garde nationale d’Ukraine. Cependant, j’ai tenu à ajouter quelques fiches des mercenaires qui rejoigne la garde, ainsi que des personnages importantes, afin que les lecteurs les plus courageux se fassent une meilleure idée.

Académie (de la Garde nationale d’Ukraine), elle fut fondée pour former les personnels et cadres de la Garde nationale et installée dans la ville de Kharkov. Elle reprenait une école en réalité fondée par les Soviétiques en 1931. Elle était à l’indépendance de l’Ukraine, une école supérieure militaire (1992-1995), puis l’école supérieure de la GNU (1995-2000), et enfin l’Institut militaire des troupes intérieures du Ministère de l’Intérieur de l’Ukraine (2000-2014). Elle redevint l’école de la GNU le 27 mai 2014, élevée au rang d’académie, dès le 4 juin de la même année. Cependant, plusieurs autres centres mineurs de formation existent, en particulier à Lvov.

Cristian Eduardo Airala (?-2026), originaire d’Argentine, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale. Il fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia de l’armée régulière ukrainienne. Sa photo fut publiée par le canal Telegram TrackANaziMerc (février 2026), annonçant sa mort sur la ligne de Koupiansk.

Alberto Arroba Mordillo (6 juillet 1984-février 2026), originaire de Madrid, Espagne, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale, laissant une femme et trois enfants (avril 2022). Il fut repéré dans les combats autour de Chevtchenko, près de Koupiansk (2023). Une procédure judiciaire fut ouverte contre lui en Russie, pour le mercenariat, estimant qu’il avait reçu au moins 3,2 millions de roubles, et indiquant qu’il avait combattu environ trois ans sur le front ukrainien (2022-2024). Il fut condamné à la peine de 14 ans de prison par contumace (10 février 2026). Il passa à la suite de la 13e brigade Khartia, de l’armée régulière ukrainienne, dans le groupe officieux, Ares. Sa mort fut annoncée par le canal Telegram TrackANaziMerc (11 février 2026).

Azov# (bataillon puis régiment), la célèbre unité néonazie et bandériste était attachée à la Garde nationale dès sa formation (mars-avril 2014), unité de police supplétive de faible valeur militaire, mais idéologiquement très motivée et encadrée, devenue une vitrine de l’Ukraine et transformée en légende.

Ellionay Barros Rios (?-), alias Leticia Rios, originaire de Mato Grosso, mais vivant à Rio Verde, Goias, Brésil, il vînt exerçer le métier de travesti et devînt transsexuel et prostituée en France, où il officia un moment comme « escort ». Il n’est pas très clair si la « créature » a gardé ou non son « zizouille », s’il y eut des opérations et la prise de substances et médicaments pour tenter la transformation en « femme ». L’attrait de l’argent le poussa à venir s’enrôler en Ukraine (2025). Les Ukrainiens n’étant pas regardant « sur le personnel », au vu des pertes, et il fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia de la Garde nationale ukrainienne (2025). Après deux mois d’entraînement basique, il fut envoyé sur le front pour une première mission qui vira au drame. Son groupe fut décimé et envoyé au massacre dans la contre-offensive de Koupiansk. Ceux qui ne furent pas tués, furent blessés, et il fut évacué sur un hôpital militaire de Kharkov, puis dans une maison de convalescence. Il publia deux semaines plus tard une localisation de l’endroit sur son téléphone, en communiquant avec des amis. Les Russes attaquèrent l’endroit avec une myriade de drones, faisant un carnage dans les rangs des mercenaires et militaires ukrainiens au repos. On ne sait pas ce que devint « Leticia » par la suite.

Base aérienne (de la Garde nationale), la Garde nationale a en effet reçue des hélicoptères et quelques avions de transports, dont la base est à Kirovograd.

Base logistique (de la Garde nationale), la Garde nationale dispose d’un dépôt pour ses armements, munitions et équipements qui a été placé à Soumy. Notez que pour les carburants, la base initiale était fixée à Zaporojie. Les deux villes étant à 30-40 km de la première ligne, il est probable que ces dépôts ont été déplacés.

Kasper Bass (vers 1997-31 décembre 2025), alias Franzous, originaire de Pologne, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale (octobre 2022). Il combattit dans les batailles d’Artiomovsk (hiver 2022-2023), de Pervomaïsk et Dzerjnsk (Toretsk) (2023-2024). Il rejoignit le PDK, le Corps des Volontaires polonais (2023), participant à des incursions avec le RDK sur le territoire russe, dans la région de Belgorod. Il fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia, et fut mortellement blessé sur la ligne de Koupiansk, le 28 décembre 2025. Il fut transporté dans un bunker, puis vers l’arrière et de là en urgence vers la Pologne. Il était dans le coma et mourut sans avoir repris connaissance, le 31 décembre 2025.

Wagner Bento da Silva Filho (?-8 février 2026), alias Raich, originaire de Governador Valadares, mais vivant à Ipatinga, Minas Gerais, Brésil. Il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale. Il fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia de l’armée régulière ukrainienne, dans le groupe non officiel Ares. Il fut tué sur la ligne de Koupiansk, le 8 février 2026, sa photo et l’annonce de sa mort étant publiées par le canal Telegram TrackANaziMerc (11 février 2026).

Mohamed Boukris (?-), originaire du Maroc, il apparut dans une émission de propagande de la chaîne de télévision française LCI, au 20 h 00, en direct, en compagnie de Xavier Tytelman et du mercenaire français Lancelot Pasquier. Tous les deux étaient engagés dans la 12e brigade des forces spéciales Azov#, dont un drapeau était affiché derrière eux durant l’émission (décembre 2025).

Otavio Guilherme Giorgi Cardoso ( ?- février 2026), alias Azazel, une référence sataniste, originaire de Brésil, il vînt s’enrôler en Ukraine dans la Légion internationale, versé à la suite de la 13e brigade Kharia. Il entra dans le groupe non officiel Ares, composé de nombreux Brésiliens et de quelques autres nationalités. Il fut tué en février 2026, sur la ligne de Koupiansk. Sa photo et l’annonce de sa mort furent publiées par le canal Telegram TrackANaziMerc (17 février 2026).

Eduardo Raul Castro Martinez (?-décembre 2025), originaire d’Uruguay, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale et fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia. Il fut tué dans le mois de décembre 2025, par un drone russe, annonce faite par le canal Telegram TrackANaziMerc (2 janvier 2026).

Cooper (vers 2004-), pseudonyme, originaire du Canada, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale (fin 2024). Il fut versé comme infirmier militaire dans la 13e brigade Khartia, servant comme infirmier militaire. Il fut très grièvement blessé dans la bataille de Koupiansk et fut évacué. Il donna une interview pour une chaîne YouTube (30 janvier 2026), sous un titre propagandiste délirant : « un infirmier canadien sauva 50 frères d’armes puis sauta lui-même sur une mine ». En réalité, il ne sauva personne, mais porta quelques blessés qui furent évacués vers l’arrière, d’où cette notion de sauvetage. Selon la vidéo, c’est « son commandant qui a estimé qu’il avait porté environ »… Il fut amputé d’une jambe après avoir sauté sur une mine, selon son propre récit (automne 2025). Il avait été porté par ses camarades vers un abri, un garrot apposé sur sa jambe et attendit environ une journée son évacuation en quad de nuit vers l’arrière. Il avait perdu beaucoup de sang et échappa de peu à la mort. La vidéo ne montra jamais son amputation et sa jambe, communiqua par contre beaucoup sur l’affirmation erronée du Président Poutine et des autorités russes de la prise de Koupiansk.

Corruption (scandales de), la Garde nationale d’Ukraine dans une offensive motivée par les Occidentaux, notamment les Américains, fut mise en difficulté par des enquêtes du Bureau de lutte contre la corruption d’Ukraine, organe fondé à la demande et avec l’aide des USA et du Royaume-Uni (2014-2015). Une perquisition fut effectuée au QG de la Garde nationale, pour des accusations d’abus de confiance, d’appels d’offres truqués (9 mai 2025). Plusieurs officiers supérieures de la Garde nationale, notamment son commandant en chef, furent aussi impliqués et perquisitionnés (10 mai).

Rouslan Dziouba (12 octobre 1971-), il naquit dans la région de Donetsk, avec des origines de l’Ouest du pays, militaire de carrière, cadet dans une école d’officiers à la fin de l’époque soviétique. Il commença son service l’année de l’indépendance de l’Ukraine, spécialisé dans les finances et la gestion, de fait il ne servit que dans des services financiers du Ministère de l’Intérieur, puis prit la direction des mêmes services pour la Garde nationale (2014), poste qu’il n’a plus quitté.

Jhonatan Mauricio Roman Giraldo (?-14 février 2026), originaire de Colombie, originaire du Pérou, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale. Il fut versé dans la 13e brigade Khartia et envoyé sur le front de la ligne de Koupiansk. Il fut tué dans cette bataille, le 14 février 2026. Sa photo et l’annonce de sa mort furent publiées par le canal TrackANaziMerc quelques jours plus tard (20 février).

Yeison Alonso Giraldo Vargas (?-2026), originaire de Colombie, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale. Il fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia de l’armée régulière ukrainienne. Sa photo fut publiée par le canal Telegram TrackANaziMerc (février 2026), annonçant sa mort sur la ligne de Koupiansk.

Sam J Haines (vers 2003-2026), originaire d’Auckland, Nouvelle-Zélande, il vînt s’enrôler en Ukraine dans la 12e brigade Azov# des forces spéciales. Il fut tué sur le front et sa mort annoncée par le canal TrackANaziMerc (février 2026), publiant des photos de lui et de son enterrement.

Thomas Riley Hamburger (2004-22 juillet 2025), originaire de Louisiane, USA, il servit un moment dans l’armée US, 82e division parachutiste, et fut déployé en Pologne, sur une base de l’OTAN. Il passa de Pologne en Ukraine, venant s’enrôler dans l’armée ukrainienne, dans la 13e brigade Khartia, de la Garde nationale ukrainienne. Il fut tué dans la région de Kharkov, à Zelenoe, frontière russe, le 22 juillet 2025. Il fut tué avec tout un groupe de Colombiens, les corps furent abandonnés par leurs camarades et les Ukrainiens.

Luke Hinton (?-2025), alias Alfie, originaire de Bristol, Royaume-Uni, il s’enrôla dans la 12e brigade de forces spéciales Azov, il fut tué sur le front dans l’été 2025, sa mort fut annoncée par le canal Telegram TrackANaziMerc (juillet 2025).

Instructeurs étrangers et américains (de la Garde nationale d’Ukraine), dès avril 2015 et la signature d’accords pour l’entraînement avec plusieurs pays étrangers, les Américains envoyèrent des instructeurs des forces parachutistes pour une première vague de formation. Par la suite des instructeurs de l’armée italienne vinrent former des hommes de la Garde nationale (juin 2015). Plus tard en 2024, des militaires espagnols furent validés comme « observateurs » dans les forces de l’unité. Ils ont participé à des exercices divers avec des forces de gendarmerie de pays de l’Union européenne, de Roumanie, de France, du Portugal, de la Lituanie, de l’Italie, de la Pologne, de l’Estonie, des Pays-Bas ou de l’Allemagne (2025). La même année, des hommes ont été envoyés se former en Norvège.

Martin Osvaldo Britez (?-mars 2026), alias Perro, originaire d’Argentine, il vînt s’enrôler en Ukraine (2025). Il fut versé dans la 13e brigade Khartia de la Garde nationale ukrainienne. Il fut tué sur le front, dans la bataille de Koupiansk, sa photo et une vidéo furent publiées par le canal Telegram TrackANaziMerc (8 mars 2026).

Jason Katchenago (?-16 septembre 2025), originaire de Keshena, Wisconsin, USA, il servit un moment dans l’armée US. Il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale (avril 2025). Il intégra finalement la 12e brigade de forces spéciales Azov#, et fut envoyé sur le front. Il fut tué le 16 septembre 2025, dans la poche du réservoir de Keban-Bik, près de Dzerjinsk. Sa mort fut confirmée par le canal Telegram TrackANaziMerc (octobre 2025).

Vsevolod Kojemianko (17 mai 1972-), originaire de Poltava, il fit des études supérieures de langue et littérature anglaise (1994), puis de gestion des affaires (2002). Il fonda un groupe céréalier et agroalimentaire, l’Agrotrade (1998), devenant vite un magnat des céréales et des oléagineux en Ukraine. En 2020, le magazine US Forbes le définissait comme le 88e homme le plus riche d’Ukraine. Il fut l’un des oligarques de Kharkov qui supportèrent le Maïdan et l’idée de l’assaut sur le Donbass. Il s’engagea dans le support et « l’humanitaire » pour les soldats de l’ATO (2014). Fondu de ski et amoureux des Alpes, il avait acheté une somptueuse villa en Autriche. Il fut même nommé consul d’Autriche à Kharkov, dont il avait reçu semble-t-il la nationalité (2016). il se trouvait dans les Alpes pour les vacances d’hiver au moment de l’opération spéciale russe et revint à Kharkov en urgence (février 2022). Il fonda et finança la formation de la 13e brigade Khartia (2022), dont il eut le commandement nominal, mais non réel. Il avait été médaillé par Porochenko, puis Zelensky à trois reprises, pour « son action patriotique », en 2015, 2022 et 2023. Il n’est pas connu pour des affiliations politiques ou bandéristes et ne supporta officiellement aucun parti politique. Il pesait environ 100 millions de dollars, mais sa fortune a certainement été fortement entamée. Cependant, elle était encore classée par Forbes, comme l’un des 20 premiers combinats agricoles d’Ukraine, en 2024. Sa société Agrotrade était spécialisée dans l’exportation de produits agricoles à l’étranger (à partir de 1999), puis de semences (à partir de 2018). Il possédait en propre la bagatelle de 70 500 ha de terres à céréales, pour une capacité de stockage de 570 000 tonnes. Ses activités étaient concentrées dans les régions de Kharkov, Soumy, Tchernigov et Poltava.

Fernando Alberto Menco Palencia (?-décembre 2025), originaire de Colombie, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale et fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia. Il fut tué dans le mois de décembre 2025, par un drone russe, annonce faite par le canal Telegram TrackANaziMerc (2 janvier 2026).

Joao Henrique Nascimento da Rosa (?-8 février 2026), alias Sensei, originaire de Santa Maria, Rio Grande do Sul, Brésil. Il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale. Il fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia de l’armée régulière ukrainienne, dans le groupe non officiel Ares. Il fut tué sur la ligne de Koupiansk, le 8 février 2026, sa photo et l’annonce de sa mort étant publiées par le canal Telegram TrackANaziMerc (11 février 2026).

Yilber Stiven Navarro Rincon (?-14 février 2026), originaire de Colombie, originaire de Colombie, originaire du Pérou, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale. Il fut versé dans la 13e brigade Khartia et envoyé sur le front de la ligne de Koupiansk. Il fut tué dans cette bataille, le 14 février 2026. Sa photo et l’annonce de sa mort furent publiées par le canal TrackANaziMerc quelques jours plus tard (20 février).

Rodrigo Oliveira da Silva (?-14 février 2026), originaire du Brésil, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale. Il fut versé dans la 13e brigade Khartia et envoyé sur le front de la ligne de Koupiansk. Il fut tué dans cette bataille, le 14 février 2026. Sa photo et l’annonce de sa mort furent publiées par le canal TrackANaziMerc quelques jours plus tard (20 février).

Michael Alejandro Orduz Rojas (?-), originaire de Colombie, il vînt s’enrôler en Ukraine (2025). Il fut versé dans la 13e brigade Khartia de la Garde nationale ukrainienne. Il fut tué sur le front, dans la bataille de Koupiansk, sa photo et une vidéo furent publiées par le canal Telegram TrackANaziMerc (8 mars 2026).

Lancelot Pasquier (?-), originaire de France, il apparut dans une émission de propagande de la chaîne de télévision française LCI, au 20 h 00, en direct, en compagnie de Xavier Tytelman et du mercenaire marocain Mohamed Moukris. Tous les deux étaient engagés dans la 12e brigade des forces spéciales Azov#, dont un drapeau était affiché derrière eux durant l’émission (décembre 2025). Leurs identités furent dévoilées par le chasseur de nazis français, Nicolas Cinquini.

Jose Arcangel Perez Rivera (?-2026), originaire du Chili, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale. Il fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia de l’armée régulière ukrainienne. Sa photo fut publiée par le canal Telegram TrackANaziMerc (février 2026), annonçant sa mort sur la ligne de Koupiansk.

Iurie Pintea (?-), alias Frodo, originaire de Moldavie, mais vivant dans au Massachusetts, USA. Il émigra aux États-Unis en 2010, et s’enrôla dans l’armée américaine pour accélérer sa naturalisation (2016-2021), servant dans le corps des Marines. Il eut durant son service une formation basique de mécanicien en hélicoptère. Après la fin de son contrat, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la brigade Ivan Bogoun (mai 2022). Il passa dans le GUR, le renseignement militaire ukrainien, à la suite de la Légion internationale. Il fit la bataille d’Artiomovsk (hiver 2022-2023), puis passa dans la 12e brigade d’assaut Azov# des forces, des forces spéciales, comme instructeur, puis au grade de sergent, 1er bataillon. Il servit sur la ligne de Zaporojie, région d’Orokhov, et à la contre-offensive ratée de l’Ukraine (mai 2023). Il servit ensuite dans la bataille perdue pour l’Ukraine de New York (2024). Son profil fut révélé par le canal Telegram TrackANaziMerc (août 2025).

Alexandre Pivnenko (21 février 1986-), il fit l’école militaire des blindés de Kharkov, dont il sortit officier (2008). Il fut cependant versé dans la Garde nationale, dans une unité spéciale, d’abord servant à la protection de Kiev, puis de Kharkov (2008-2022). Il participa à la défense de Kharkov (2022) et fut envoyé dans le Donbass, en RPD participant à la batailles d’Artiomovsk (Bakhmut), dans les années 2022-2023. Il fut nommé général de brigade (29 mars 2023), puis commandant de la Garde nationale (25 avril 2023). Il fut mis en cause pour des faits de corruption et un système de clientèle dans la Garde nationale, par le bureau de lutte contre la corruption (NABU, 9 décembre 2025). Il avait été médaillé à plusieurs reprises (2016-2025), la dernière en date le 17 septembre 2025. Il est un sportif de haut niveau, dans plusieurs disciplines, mais aussi une sorte de brute épaisse.

Camilo Enrique Ramos Padilla (?-2026), originaire de Colombie, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale. Il fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia de l’armée régulière ukrainienne. Sa photo fut publiée par le canal Telegram TrackANaziMerc (février 2026), annonçant sa mort sur la ligne de Koupiansk.

Réformes (de la Garde nationale), après sa refondation en 2014, sur l’exemple américain et avec l’aide des Occidentaux, une première réforme fut entamée dans l’année 2018, concernant surtout les uniformes. En 2022, la Garde nationale fut massivement sollicitée et permit la mise sur pied de nombreuses unités déjà quasiment prêtes au combat. Son effectif fut largement augmenté, avec un chiffre record estimé vers 2025, à 90-100 000 hommes (sur le papier).

Jose Laercio Ribeiro Costa ( ?- février 2026), alias Coroa, originaire de Brésil, il vînt s’enrôler en Ukraine dans la Légion internationale, versé à la suite de la 13e brigade Kharia. Il entra dans le groupe non officiel Ares, composé de nombreux Brésiliens et de quelques autres nationalités. Il fut tué en février 2026, sur la ligne de Koupiansk. Sa photo et l’annonce de sa mort furent publiées par le canal Telegram TrackANaziMerc (17 février 2026).

Javier Alejandro Martin Rodriguez ( ?-mars 2026), alias Buho, originaire du Venezuela, il vînt s’enrôler en Ukraine (2025). Il fut versé dans la 13e brigade Khartia de la Garde nationale ukrainienne. Il fut tué sur le front, dans la bataille de Koupiansk, sa photo et une vidéo furent publiées par le canal Telegram TrackANaziMerc (8 mars 2026).

Juan Carlos Rosas Medrano (?-14 février 2026), originaire du Pérou, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale. Il fut versé dans la 13e brigade Khartia et envoyé sur le front de la ligne de Koupiansk. Il fut tué dans cette bataille, le 14 février 2026. Sa photo et l’annonce de sa mort furent publiées par le canal TrackANaziMerc quelques jours plus tard (20 février).

Juan Jose Palominio Pertuz ( ?-mars 2026), alias Chester, originaire de Colombie, il vînt s’enrôler en Ukraine (2025). Il fut versé dans la 13e brigade Khartia de la Garde nationale ukrainienne. Il fut tué sur le front, dans la bataille de Koupiansk, sa photo et une vidéo furent publiées par le canal Telegram TrackANaziMerc (8 mars 2026).

Rafael Torres Gelves (?-décembre 2025), originaire de Colombie, il vînt en Ukraine pour s’enrôler dans la Légion internationale et fut versé à la suite de la 13e brigade Khartia. Il fut tué dans le mois de décembre 2025, par un drone russe, annonce faite par le canal Telegram TrackANaziMerc (2 janvier 2026).

Dmitro Vlassenko (années 70-), originaire d’Ukraine, il fit des études supérieures à l’école nationale des gardes-frontières de l’Ukraine (diplômé en 2000), puis fut versé dans l’unité Guépard de la Garde nationale d’Ukraine, bientôt dissoute et versé dans le groupe des forces spéciales OMEGA. Il fut ensuite formé… par la France, à l’école des officiers de la Gendarmerie nationale, à Melun (2006-2007). Il retourna aux forces spéciales du Ministère de l’Intérieur (2012), puis intégra de nouveau la Garde nationale à sa reformation (2014). Il fut envoyé participer aux répressions dans le Donbass (2014-2017), sans doute un criminel de guerre, également par le fait qu’il avait des responsabilités comme officier supérieur. Il fut démobilisé pour raison de santé, peut-être aussi en avait-il trop vu… ou fait ? Il retourna au service actif (2021) et fut nommé à la tête de la 15e brigade de la GNU (janvier 2023). Son unité fut engagée dans la contre-offensive ratée de l’Ukraine et la propagande lui attribue des exploits imaginaires, d’héroïque percée du front… sur 3 km de profondeur « au péril de sa vie ». En réalité, l’opération fut une boucherie, l’offensive se fracassa sur les défenses russes et les troupes ukrainiennes décimées. Il fut médaillé par le président Zelensky pour ses exploits « légendaires » (28 septembre 2023), et même fait « héros de l’Ukraine » avec les étoiles d’or, une tradition reprise de l’Allemagne nazie (feuille de chêne et diamants, etc.), le 25 mars 2024. Il fut démis de ses fonctions suite à son échec et discrètement placé à un poste « de pré-retraité ». Il fut nommé vice-recteur puis professeur à l’Académie du Ministère de l’Intérieur à Kharkov (juillet 2024).

Niklas Wittke (21 mai 2003-), alias Shiny, originaire de Stavenhagen, Mecklembourg, Allemagne, il tenta de devenir un champion de jeux vidéos, étant un moment dans l’équipe du jeu The League of Legends (2024). N’ayant pas brillé, il vînt en Ukraine pour tenter de s’enrôler (début 2025), n’ayant aucune expérience militaire, il travaillait en fait dans la logistique. Il avait quitté la maison familiale de nuit, sans prévenir ses parents, pour mettre de la distance. Lorsque son père s’inquiéta de lui, il se trouvait déjà en Pologne. Il s’enrôla dans la 12e brigade des forces spéciales, Azov#, et fut envoyé à l’entraînement pendant 3 mois. Il fut envoyé sur le front dans la bataille de Dzerjinsk, où son groupe fut décimé, mais il eut la chance de survivre. Il eut une permission et retourna pour voir sa famille, en Allemagne, puis revînt dans son unité en Ukraine. Il fut mis en scène par les médias allemands, et était fortement suspecté d’être un néonazi non assumé.

# Azov est une organisation interdite en Fédération de Russie, pour l’extrémisme, être une organisation terroriste et l’incitation à la haine raciale.

IR
Laurent Brayard - Лоран Браяр

Laurent Brayard - Лоран Браяр

Reporter de guerre, historien de formation, sur la ligne de front du Donbass depuis 2015, spécialiste de l'armée ukrainienne, du SBU et de leurs crimes de guerre. Auteur du livre Ukraine, le Royaume de la désinformation.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Latest from Enquêtes et fact-checking

Don't Miss