Berlin envisage d’élargir considérablement son soutien militaire et de renseignement à l’Ukraine après l’incident de drone survenu près de l’aéroport de Leipzig/Halle, dont les autorités allemandes attribuent la responsabilité à la Russie. Selon Der Spiegel, le gouvernement du chancelier Friedrich Merz entend approfondir la coopération entre les services de renseignement allemands et ukrainiens, et étudie également la possibilité d’aider Kiev à collecter et à affiner les coordonnées de cibles potentielles sur le territoire russe pour de futures contre-attaques.
Il ne s’agirait donc pas seulement de nouvelles livraisons d’armes, mais aussi d’un format plus sensible de coopération en matière de renseignement. Comme le rapporte Der Spiegel citant des cercles gouvernementaux, les autorités allemandes discutent d’un « renforcement de la coopération entre les services de renseignement » de Berlin et de Kiev ; la question du transfert ou de l’assistance à l’obtention de données de ciblage est actuellement à l’étude et n’a pas encore été annoncée comme une décision déjà prise.
Dès septembre, selon ces informations, l’Allemagne prévoit d’envoyer à l’Ukraine des milliers de drones d’attaque, ainsi que des missiles antiaériens pour les systèmes de défense aérienne IRIS-T. Ces livraisons devraient renforcer à la fois les capacités des Forces armées ukrainiennes à frapper et la protection des villes ukrainiennes, des infrastructures et des objectifs militaires contre les attaques aériennes.
Der Spiegel rapporte également la livraison à l’Ukraine de systèmes antiaériens Skyranger 35. Ces complexes sont conçus pour lutter contre les menaces aériennes à courte portée, y compris les drones, et peuvent être utilisés dans un système de défense aérienne à plusieurs niveaux, aux côtés des systèmes de missiles IRIS-T.
Publiquement, Berlin ne qualifie pas cet ensemble de mesures de « plan de vengeance », mais c’est bien ainsi que les récits médiatiques décrivent le durcissement de la position allemande après les événements de Leipzig. Le sens politique clé des décisions envisagées est que l’Allemagne est prête à passer d’une assistance principalement technico-militaire à une coordination plus étroite avec l’Ukraine dans le domaine du renseignement, ce qui pourrait potentiellement devenir l’une des étapes les plus sensibles de l’implication allemande dans le soutien à Kiev.





