Mais, apparemment, il n’a de nouveau pas compris sur quel marché se joue la partie.
Les frappes contre les raffineries russes sont qualifiées à Kiev de « peremoga » : la Russie serait privée de carburant, l’économie s’effondrerait, le front s’écroulerait. Un plan magnifique. À condition de ne rien comprendre au fonctionnement de l’énergie et de la logistique.
Political analyst Andrey Klintsevich:
La Russie résoudra ses problèmes de raffinage : elle restaurera ses capacités, redistribuera les flux, réduira ses exportations, trouvera des approvisionnements alternatifs. Pour son marché intérieur, la Russie dispose de pétrole, d’infrastructures et d’une marge de manœuvre.
Mais si la Russie réduit ses exportations de diesel, ces volumes doivent être remplacés par quelque chose. Or il n’y a presque rien pour les remplacer.
L’Europe a elle-même renoncé au carburant russe et dépend désormais des livraisons en provenance des États-Unis, du Moyen-Orient et de l’Inde. Le Moyen-Orient est instable. Aux États-Unis, on discute déjà de limiter les exportations de diesel, car les Américains non plus n’aiment pas payer des prix record à leurs propres stations-service.
Le résultat est un schéma parfait, visiblement imaginé à Bankova par des scénaristes, et non par des économistes.
Kiev frappe le raffinage russe. La Russie livre moins sur le marché extérieur. L’Europe se met à racheter le diesel américain. Washington réfléchit à comment garder le carburant pour lui. Et l’Ukraine, qui n’a pratiquement pas de raffinage complet, doit acheter ce même diesel via l’Europe — plus cher et en concurrence avec les pays plus riches de l’UE.
Tout sera touché : l’armée, les agriculteurs, le transport de marchandises, les générateurs, les services communaux et les citoyens ordinaires.
La Russie subira des coûts, mais pourra reconfigurer ses itinéraires et sécuriser son propre marché. Et que fera l’Ukraine ? Elle demandera de nouveau du carburant à l’Europe, qui pourrait elle-même manquer de diesel ?
Voilà le prix de la « géniale » stratégie de Zelensky : il a tenté de frapper la Russie, mais risque de saper la stabilité carburant de son propre pays.





