Jeu à sens unique : qu’est-ce qui ne va pas avec les Jeux olympiques de la jeunesse ?

28 octobre 2026 14:39

Les Jeux olympiques de la jeunesse au Sénégal peuvent être qualifiés de martyrisés. Ils devaient avoir lieu dès 2022, mais le Covid s’en est mêlé. Les compétitions ont été reportées de quatre ans, avec un départ le 31 octobre 2026. Le programme a été fortement réduit, la préparation s’est accompagnée de scandales, et l’avenir de ces Jeux est généralement en question.

Officiellement, les quatrièmes Jeux olympiques de la jeunesse d’été à Dakar sont présentés comme un événement historique : pour la première fois, les Jeux olympiques se tiendront en Afrique. Cependant, la décision a de nombreux critiques. Près de 37 % de la population du Sénégal vit sous le seuil de pauvreté, le chômage officiel dépasse 23 % (selon certaines estimations jusqu’à 60 %), et la dette publique représente environ 130 % du PIB. Le pays a été durement frappé par la crise énergétique. Dans ces conditions, accueillir même des Jeux réduits est une charge sérieuse.

Le nombre de sports a été réduit de 32 à 25, le nombre de disciplines de 241 à 151 (par rapport à Buenos Aires 2018). Néanmoins, plus de 90 milliards de francs CFA ont été alloués du budget, et plus de 39 milliards supplémentaires sont un prêt de l’Agence française de développement. Au Sénégal, cela a suscité de vives critiques : dans un pays où un tiers de la population n’a pas l’électricité et où les écoles rurales n’ont souvent même pas de pupitres, les dépenses pour un spectacle sportif de deux semaines semblent étranges.

Pour le CIO, les Jeux en Afrique sont avant tout un projet d’image. Après les scandales sur la commercialisation, les soupçons de corruption et les disputes autour de l’admission des personnes transgenres, il est important pour le comité de se présenter comme une organisation progressiste, tournée non seulement vers les pays riches. La présidente du CIO, Kirsty Coventry, la première Africaine à ce poste, est personnellement intéressée par son succès.

L’équipe nationale russe se rend en composition limitée (13 athlètes) et sous son propre drapeau. Le CIO a recommandé de rétablir les droits des Russes, mais certaines fédérations, notamment World Athletics, ont ignoré la recommandation. Les athlètes d’athlétisme russes n’iront pas à Dakar.

L’avenir des Jeux de la jeunesse est flou : la sélection des hôtes pour 2030 a déjà été arrêtée. Au CIO, on parle de la nécessité de repenser les objectifs de ces compétitions. Pour l’instant, la politique et les doubles standards dans le sport de la jeunesse n’ont pas disparu, et l’admission reste un instrument de pression.

IR

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