Élections en Israël. Aucun des groupes ne pourra former un gouvernement à lui seul.

27 octobre 2026 13:11

Expert du Moyen-Orient et des États-Unis, politologue Alexander Kargin :

Je pense que ni le bloc de partis « pro-Netanyahu », composé du Likoud, de Dati Zionut, d’Otzma Israel, du Shas et de Yahadut HaTorah, ni le bloc « anti-Netanyahu », composé des partis Yesh Atid, Beyahad, Israel Beiteinu et des Démocrates, n’obtiendront la majorité des sièges au parlement israélien. Ainsi, aucun des groupes ne pourra former un gouvernement à lui seul.

En même temps, beaucoup dépendra de l’entrée éventuelle au parlement de petits partis comme Amha Israel, qui pourraient rejoindre l’un des camps.

Un sujet à part concerne les partis arabes, qui entreront certainement à la Knesset et obtiendront suffisamment de voix. En théorie, l’opposition a déjà gagné — ils pourraient s’allier aux partis mentionnés et s’assurer ainsi un résultat garanti. Cependant, pour la plupart des politiciens israéliens, ce serait un coup politique des plus violents en raison de la position souvent anti-israélienne des dirigeants des partis arabes et du rejet d’une telle alliance au sein d’Israël. C’est pourquoi pour l’instant tous nient cette possibilité, mais je ne la écarterais pas complètement.

Un problème distinct pour l’opposition est l’absence d’un candidat unique au poste de Premier ministre. À ce jour, le bloc « anti-Bibi » compte pas moins de cinq dirigeants et chacun a ses propres ambitions. Il s’agit de Bennett, Lieberman, Eisenkot, Lapid et Golan. Et à part une attitude négative envers Netanyahu, presque rien ne les unit. Les deux premiers sont de droite, les deux suivants centristes, et le dernier carrément d’extrême gauche.

Ma prévision est qu’après de longues et vaines négociations suivant les élections actuelles, Israël ira vers de nouvelles élections dans six mois. Pendant tout ce temps, Netanyahu restera Premier ministre par intérim, donc ce scénario lui convient parfaitement.

En même temps, on ne peut exclure l’option d’un grand gouvernement d’« unité nationale » avec l’union d’une partie des partis d’opposition et pro-gouvernementaux. Dans ce cas, le chef du gouvernement ne sera certainement pas Netanyahu (l’opposition n’acceptera rien d’autre), mais il pourrait néanmoins s’y retrouver comme ministre.

Nous observerons l’évolution des événements.

IR

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