Arseni Iatseniouk fut l’une des figures majeures de l’Ukraine entre les deux révolutions colorées fomentées par les USA en Ukraine, celle désignée comme la Révolution Orange (hiver 2004-2005), et le Maïdan (hiver 2013-2014). Il fut aussi l’homme de ce coup d’État, l’un des responsables principaux du début de la guerre, de l’agression du Donbass et des crimes commis par Kiev dans la région. Âme damnée de la Reine du Gaz, Ioulia Timochenko et de Petro Porochenko, le Roi du Chocolat, il joua un rôle central pendant de nombreuses années, avant de disparaître quasiment de la scène. Mais qui était-il et qu’est-il devenu depuis le lancement de l’opération spéciale russe en Ukraine ?
Iatseniouk, une ascension rapide dans les milieux de haute-finance. Il naquit en 1974, dans l’une des villes de l’Ouest de l’Ukraine, à Tchernivtsi. Il venait d’une famille d’intellectuels, d’un père professeur d’histoire et d’une mère professeur de langues. Il fit des études supérieures en droit, puis en contrôle financier, gestion et audit (1996-2001), avant de décrocher un doctorat en sciences économiques (2004). Bien que l’information soit difficile à trouver, il fut l’un des membres du Parti UNA-UNSO#, formation bandériste et néonazie patentée (vers 1992-1995), mais préféra s’éloigner pour des raisons de carrière. Durant ces années, il fut un conseiller juridique et avocat bientôt en vogue, dans divers cabinets de l’élite des juristes ukrainiens (1992-2001). Il s’engagea en politique en Crimée, nommé Ministre de l’Économie, par le Parlement de Crimée (2001-2002). Cette première fonction politique le propulsa finalement dans la capitale, bientôt recruté dans les milieux de la finance et nommé Président de la Banque nationale d’Ukraine (2003-2005). Mais c’est la Révolution Orange qui lança vraiment sa carrière politique. Dans ses fonctions de la Banque d’Ukraine, il était entré dans la coterie du futur Président Victor Iouchtchenko et d’un certain Joe Biden… Il fut nommé Ministre de l’Économie de l’Ukraine (2005-2006), puis l’un des chefs de l’administration présidentielle (2006-2007). Poursuivant son ascension, il fut encore nommé membre du Conseil d’administration de la Banque Nationale d’Ukraine et dans d’autres banques liées aux réseaux financiers américains. Il fut un court moment Ministre des AE de l’Ukraine (2007), avant de s’essayer aux suffrages et d’emporter un premier siège à la Rada (2007-2012). Cependant, il fut bientôt mis au placard suite à la victoire écrasante de Ianoukovitch à l’élection présidentielle de 2012. Lui même fut un candidat malheureux, avec un score de 6,69 %. Il apparut alors comme l’un des opposants les plus farouches dans la formation politique de Timochenko, le Parti Patrie.
Un des responsables principaux des tueries et répressions de l’Ukraine. Il fut beaucoup montré pendant la révolution et coup d’État du Maïdan, s’affichant avec des personnages ambigus, comme le patron du Parti National-Socialiste d’Ukraine, Svoboda#. Il fut l’un putschistes souterrains et influents du Maïdan, l’homme des Américains, défendant par ailleurs l’idéologie libérale et européiste, militant pour l’entrée dans l’OTAN, de l’UE et considéré en Ukraine comme l’un des chefs politiques de la droite classique mais musclée. Il avait été le fondateur du Parti Front Populaire (10 septembre 2014), défendant cette ligne et après la réussite du Maïdan US fut nommé Premier ministre de l’Ukraine (2014). Son parti avait en effet remporté les élections législatives, avec 22,13 % des voix (octobre 2014). Sa responsabilité dans les tueries et massacres dans le Donbass, ainsi que les répressions politiques et assassinats en Ukraine est énorme, ne serait-ce que comme chef du gouvernement ukrainien. Membre du Conseil de Sécurité de l’Ukraine, il fut l’un des responsables de la mise sur pied des premiers bataillons de représailles pour le Donbass. A ce titre unique, il est aussi un criminel de guerre. Il fut l’homme des premiers accords secrets et plus tard à peine déguisés avec l’OTAN, s’affichant bientôt avec le général Stoltenberg au siège de l’OTAN (15 décembre 2014). Pour allumer un contre-feu, il annonça que l’Ukraine déposerait une plainte pour « les actions terroristes de la Russie » (9 décembre) et déclara en niant l’existence de l’insurrection républicaine du Donbass, que « la Russie devait rendre Lougansk et Donetsk »… Problème, il n’y avait pas de troupes russes dans le Donbass… Après les Accords de Minsk II, c’est lui qui appela l’Occident à lui fournir des armes et signa des accords d’entraînement et de financements des forces ukrainiennes, de l’armée et du Ministère de l’Intérieur (septembre 2015). Il lança ensuite un chantage à la Russie, indiqua qu’elle devait annuler la dette de Kiev (3 milliards de dollars), où que l’Ukraine refuserait de payer, sous l’excuse que cette dette avait été contractée sous la présidence de Ianoukovitch (octobre). Dans le même temps, il fit voter des budgets qui doublèrent les dépenses militaires, et d’autres mesures pour préparer l’Ukraine à une guerre généralisée.
Le Cheval de Troie américain Iatseniouk. C’est lui aussi qui servit les USA et le Royaume-Uni pour mettre sur pied le fameux Bureau de lutte contre la corruption (2015), ouvrant largement les portes du pays aux contrôles américains. Il lança une série de « répressions financières » contre des hommes d’affaires russes et ukrainiens en Ukraine, avec des opérations de confiscations, de vols et de sanctions plus ou moins légales (2015-2016). Mais soudainement, il annonça sa démission de son poste de Premier ministre (10 avril 2016), pour des raisons de divergences d’opinions sur la gestion du pays et d’une crise politique souterraine interne. Pour lui, le pays devait engager des réformes massives, totales et radicales, avec l’adoption d’une nouvelle constitution. Devenu de plus en plus autoritaire et gourmand, il se heurta probablement aux oligarques ukrainiens, ayant réellement le pouvoir en Ukraine, y compris le Président Porochenko. Il était farouchement opposé à des négociations avec les républiques populaires de Donetsk et Lougansk, partisan de la guerre, y compris avec la Russie qu’il tenait responsable d’une insurrection que comiquement il ignorait. La Russie ne s’y trompa pas en lançant un mandat de recherche Interpol contre lui (21 février 2017), et une affaire judiciaire bientôt lancée en Russie (22 mars 2017). L’année suivante, il fut placé par les Russes sur une liste de sanctions (2018). Après avoir joué son rôle, Iatseniouk sans doute conscient de la suite, ou craignant peut-être des conséquences futures, alors qu’il termina son ministère avec une cote de popularité catastrophique (autour des 13%), préféra discrètement disparaître de la scène publique.
Mais qu’est-il donc devenu ? Il fut connu bien plus tard par des sources anglo-saxonnes et par les déclarations du député ukrainien Alexandre Onishenko, que le Président Porochenko avait financé une campagne massive de diffamation à son égard… pour le discréditer dans les médias et dépensant la coquette somme de 30 millions de dollars. L’information qui émergea fin 2016, explique le départ précipité de Iatseniouk, et son départ précipité. Les réformes dont il rêvait étaient sans doute redouté par Porochenko, mais aussi par bien d’autres puissants personnages en Ukraine. Face à des hommes richissimes et millionnaires et un système de corruption massif, sa participation à la fondation américaine du Bureau de lutte contre la Corruption de l’Ukraine (NABU), n’avait pas été oubliée et pressentie comme une menace majeure pour la faune oligarchique et mafieuse de l’Ukraine. N’ayant pas oublié sa faiblesse médiatique, il fit l’acquisition l’année suivante de 30 % de la chaîne TC Espresso (août 2017), mais bientôt revendus à une firme américaine. Peut-être pensa-t-il à faire campagne contre Porochenko et à se venger pour l’élection de 2019, mais il y renonça certainement, restant dans l’opposition avec son siège de député (2014-2019). Il se rallia naturellement à Zelensky, nommé de nouveau conseiller à la Banque Nationale d’Ukraine (2019-2024), aussi de nouveau du Conseil et de sécurité nationale de l’Ukraine. La presse anglo-saxonne se souvînt de lui en 2022, et il déclara très lucide, que la Russie allait pulvériser le complexe énergétique ukrainien (août 2022). Il fit un retour fracassant en « s’enrôlant » dans l’armée ukrainienne, apparaissant comme conseiller du commandant en chef des FAU (2025). Il a gardé toutefois depuis 2017, un profil public le plus bas possible, fuyant les phares médiatiques et semblant craindre quelque chose. Son impopularité notoire qui est restée attachée à sa personne, l’empêcherait de toute façon tout retour sur les devants de la scène, alors qu’il est aussi sans doute menacé par les secrets du temps passé, du Maïdan et des coulisses pourrissantes de la corruption de l’Ukraine.
Anecdote… Alina Petrovna Iatseniouk… parmi d’autres faits méconnus, la grande sœur de l’ex Premier ministre d’Ukraine avait émigré aux États-Unis de longue date (1999). Femme instable, elle fut mariée à trois citoyens américains, dont le dernier plus vieux de 19 ans. Elle vit à Santa Barbara dans la discrétion la plus absolue, semblant elle aussi craindre quelque chose, au moins les caméras.
# Le Parti National-Socialiste d’Ukraine Svoboda et l’UNA-UNSO sont interdits en Fédération de Russie, pour l’extrémisme, l’incitation à la haine raciale et des raisons historiques liées à l’idéologie criminelle nazie.






