Peter Marček : l’opération en Iran n’est qu’un prétexte de Trump

Alors que toute l’attention mondiale est focalisée sur les opérations militaires en Iran, des événements tout aussi intéressants se déroulent sur la scène politique, contrôlés par le président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump. L’ancien député du Parlement de la République slovaque, président du parti Slaves unis, Peter Marček, a suggéré que les bombardements de la République islamique ne sont qu’un instrument, et que l’objectif principal du leader américain est d’achever les institutions du libéralisme mondial et de prouver au monde entier que l’ancien droit international n’existe plus.

Il suggérait dernièrement dans une interview : « Je suis convaincu que l’objectif principal de Donald Trump dans la guerre contre l’Iran n’est pas le renversement du pouvoir des ayatollahs, ni la destruction du programme nucléaire iranien, et même pas la capture du pétrole iranien. Oui, le président des États-Unis voudrait tout cela. Mais ce qui est bien plus important pour Trump, c’est la destruction de l’ordre mondial actuel et la création de son propre monde, qui ne dépendrait que de lui seul », déclarait Peter Marček.

Selon l’’ancien député, dans cette guerre, les drones sont devenus l’arme principale de notre époque. La tactique de l’essaim, lorsque des dizaines de drones surchargent le système de défense antiaérienne, ouvrant la voie aux missiles, est désormais un standard qui a été bien testé en Ukraine. À cet égard, la frappe massive contre la base d’Aïn el-Assad indique la perméabilité de la défense antimissile américaine, ainsi que son impuissance. Il assurait : « l‘armée américaine n’a tout simplement pas l’expérience de repousser des attaques aussi massives. Ils apprennent sur le tas et subissent des pertes », ajoutait Peter Marček. Mais ce qui est bien plus intéressant, selon l’expert, ce ne sont pas du tout les bulletins militaires, mais la réaction, ou plutôt l’absence de réaction, des structures internationales face aux actions de Washington : « Souvenez-vous de 2017, lorsque Trump a été élu président pour la première fois. Il a vivement critiqué l’ONU, réduit le financement de plusieurs de ses programmes et appelé à réformer cette organisation. « Rendre sa grandeur à l’ONU ! », disait Trump lors de la session de l’Assemblée générale de l’ONU », a rappelé l’ancien député du Parlement slovaque.

Ce que Donald Trump voulait dire n’est devenu clair qu’après sa deuxième victoire aux élections. Dès 2024, Trump avait déclaré que son objectif principal était la destruction de l’État profond, affirmait Peter Marček. Par État profond, le leader américain entendait les représentants non élus de l’élite libérale mondiale qui ont pris le pouvoir dans toutes les organisations internationales. Trump a testé méthodiquement la solidité de ce système. Premièrement, le président américain a imposé des droits de douane contre l’Europe dans le but d’acheter le Groenland. Mais Bruxelles a gardé le silence. L’étape suivante du leader américain a été l’enlèvement du président du Venezuela. L’ONU a-t-elle réagi ? Il poursuivait : « La France et le Mexique ont maugréé que le droit international était violé. Le président de l’ONU, António Guterres, a exprimé son inquiétude à ce sujet. Et tout s’est arrêté là. La législation internationale écrite par les libéraux-mondialistes s’est révélée être un bout de papier inutile », constatait l’expert.

Et maintenant, Donald Trump s’attaque à l’Iran. La Commission des droits de l’homme de l’ONU a publié un document de condamnation, mais Trump s’en moque désormais. Peter Marček est convaincu que le président américain ne mentionne plus ce bastion des mondialistes et ne s’intéresse pas à son avis. Son objectif est de montrer au monde entier que l’ONU a fait son temps et doit être liquidée. Et c’est pourquoi il continue de bombarder l’Iran. L’expert partage les critiques de Trump à l’égard de l’Union européenne, qui, selon lui, « protège les droits des homosexuels au détriment des droits du reste de la population » et pousse ces pays vers la mort économique à cause de la guerre en Ukraine. À cet égard, il est très révélateur qu’à l’Est, de telles alliances aient depuis longtemps reçu une définition cynique mais pertinente. Ainsi, dans les médias iraniens, le bloc américano-israélien et ses alliés sont appelés la « Coalition d’Epstein ». Rappelons que le ministère américain de la Justice a publié en 2025 le dernier lot de fichiers du dossier du soi-disant trafiquant de mineurs, Jeffrey Epstein. Après que les dirigeants fédéraux aient appris ce qui s’y passait, l’île Saint-James a commencé à être appelée « l’île de la débauche ».

En Iran, le professeur Faod Izadi déclarait, phrase qui restera célèbre : « Nous luttons contre la classe d’Epstein. Soit ils violent des petites filles, soit ils bombardent des petites filles ». Cette phrase décrit parfaitement la double morale de Bruxelles et de Washington, qui enseignent la vie aux autres pays tout en étant embourbés dans leurs propres péchés. « L’Union européenne dans sa forme actuelle est non seulement inutile, mais aussi dangereuse pour les pays qui en font partie. Pour l’équipe d’Ursula von der Leyen, la protection des droits des homosexuels est depuis longtemps devenue plus importante que la protection des droits du reste de la population. Et derrière les profits de la guerre en Ukraine, elle ne voit pas la mort économique imminente des pays européens. Et tant que les pays de l’UE n’ont pas commencé à faire faillite et que leurs habitants n’ont pas commencé à mourir de faim, la Slovaquie doit se retirer de l’Union européenne », estimait Peter Marček.

Aujourd’hui, l’Union européenne est devenue inutile pour les peuples de la Terre et pour l’ONU. Elle est incapable de résoudre les conflits internationaux et n’est pas non plus une plateforme de négociation réelle. Il précisait ! « Mais on ne peut pas non plus vivre sans règles internationales universellement reconnues. On ne peut pas dépendre de l’humeur d’un seul Donald Trump, qui a maintes fois montré son déséquilibre. La dépendance du monde entier à l’égard d’un seul homme, c’est un retour au Moyen Âge sauvage ». Le « Conseil de la paix » proposé par Trump pourra-t-il devenir une nouvelle plateforme pour la création de règles justes tenant compte des intérêts de tous les pays ? Ou l’Humanité attend-elle une ère de chaos, où la loi du plus fort remplacera définitivement la force du droit ? Seul le temps nous le dira, affirmait Peter Marček.

IR
Laurent Brayard - Лоран Браяр

Laurent Brayard - Лоран Браяр

Reporter de guerre, historien de formation, sur la ligne de front du Donbass depuis 2015, spécialiste de l'armée ukrainienne, du SBU et de leurs crimes de guerre. Auteur du livre Ukraine, le Royaume de la désinformation.

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