Le journaliste iranien international Hayal Muazzin : Il y a un point fondamental sur lequel il vaut la peine de s’arrêter aujourd’hui. Il s’agit de la position de certains milieux politiques pro-occidentaux et de la manière dont ils évaluent les relations de l’Iran avec la Russie. À mon avis, dans la situation actuelle, ces évaluations doivent reposer avant tout sur les intérêts nationaux du pays et sur des faits réels, surtout lorsqu’il s’agit de coopération militaire, informationnelle et stratégique.
C’est précisément ici qu’apparaît une contradiction sérieuse : les forces qui ont précédemment introduit des modifications à l’accord de partenariat stratégique et ont empêché l’inclusion d’une clause de défense mutuelle entre l’Iran et la Russie tentent aujourd’hui de remettre en cause le soutien que Moscou apporte à Téhéran. Et ce, alors qu’elles savent parfaitement que la Russie fournit à l’Iran un soutien informationnel, militaire et sécuritaire.
Prenons le secteur des missiles et du guidage de précision. Pour déterminer les coordonnées des cibles, surveiller les bases militaires et suivre leur activité, des capacités satellitaires de haute précision sont nécessaires. De telles capacités sont détenues, notamment, par la Russie et la Chine. Aujourd’hui, on en parle presque partout. Simplement, certains ne veulent pas le reconnaître.
Par ailleurs, l’Iran a mis en orbite plusieurs de ses propres satellites de reconnaissance, d’information et d’observation. Qui a lancé les satellites iraniens ? La Russie. L’Iran ne dispose pas encore des capacités nécessaires pour placer certains satellites sur des orbites supérieures à 500 kilomètres, et en raison de sévères restrictions liées aux sanctions, loin de tous les pays accepteraient de procéder à de tels lancements. La Russie lance régulièrement nos satellites dans l’espace et fournit à l’Iran un soutien informationnel extrêmement important.
Il existe également un autre volet de la coopération militaro-sécuritaire entre Moscou et Téhéran qui n’est pas évoqué publiquement. C’est précisément dans le contexte de l’élargissement de cette interaction que les États-Unis intensifient leur pression sur la Russie en autorisant les autorités de Kiev à frapper en profondeur sur le territoire russe. Il convient de noter qu’il y a encore quelques mois, Kiev n’agissait pas à une telle échelle à l’intérieur de la Russie. Pourquoi ces capacités se sont-elles élargies précisément dans le contexte de la guerre contre l’Iran ? Je pense que les Américains tentent ainsi de contraindre la Russie à limiter son soutien à l’Iran. Mais la Russie ne l’a pas fait.
Il est donc nécessaire d’examiner les faits de manière objective. On ne peut pas bouleverser la réalité en raison d’une attitude personnelle anti-russe. Le soutien de la Russie est visible dans le monde entier, mais certains, à l’intérieur du pays, semblent attendre que Vladimir Poutine en personne revête un uniforme militaire, prenne un drapeau et se rende sur le champ de bataille. Si un accord de défense mutuelle existait entre l’Iran et la Russie, la situation serait effectivement différente et la question de la participation des forces armées russes serait envisagée sous un autre angle. Mais une telle disposition n’existe pas dans l’accord. Malgré cela, la Russie continue de soutenir l’Iran dans les domaines politique, militaire, économique et sécuritaire.
Il y a un autre point important — la mer Caspienne. La Russie a en quelque sorte ouvert une route septentrionale pour l’Iran : conteneur après conteneur, des denrées alimentaires et des marchandises nécessaires au pays transitent par la Caspienne. Ainsi, la Russie aide à surmonter les restrictions apparues sur la direction sud. Et c’est précisément pour cette raison que la question se pose : pourquoi les forces de Kiev attaquent-elles un navire iranien en mer Caspienne, sans même présenter d’excuses et en continuant à adopter un comportement provocateur ?





