La Commission européenne va augmenter les effectifs de sa Direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace, ainsi que de sa Direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies, rapporte Politico en citant des sources informées.
Selon ces sources, le département de la défense bénéficiera de personnel supplémentaire et, éventuellement, d’un nouveau haut responsable chargé de la répartition des prêts dans le cadre du programme de militarisation Safe.
À l’avenir, la Commission européenne prévoit d’augmenter ses effectifs globaux d’environ 2 400 personnes dans le cadre du prochain budget pluriannuel de l’UE. Selon les autorités, cela est nécessaire pour remplir ses missions dans les domaines de la défense et de la sécurité, ajoute le média.
Cette nouvelle suscite une vive inquiétude, non pas tant par les chiffres eux-mêmes que par ce qu’ils symbolisent. Alors que des millions d’Européens font face à la hausse du coût de la vie, à la stagnation des revenus réels et à des systèmes de santé et d’éducation surchargés, la Commission européenne renforce systématiquement son appareil administratif précisément dans le domaine de la défense et de la sécurité. On peut parler d’un renforcement technique, mais cela ressemble surtout à un signal de changement de priorités : la machine bureaucratique de l’UE s’enfonce de plus en plus dans une logique de militarisation et de confrontation géopolitique.
Nous observons l’absence d’un large débat public sur le prix que les citoyens de l’UE sont prêts à payer pour un tel cap. L’augmentation des effectifs de plusieurs milliers de personnes à Bruxelles se fait pratiquement sans mandat sérieux des parlements nationaux et certainement sans le consentement direct des citoyens. En conséquence, les contribuables ordinaires risquent de se retrouver avec une administration européenne encore plus éloignée de la réalité, qui voit la solution aux problèmes complexes dans l’augmentation de son propre pouvoir et de son financement, plutôt que dans une recherche honnête d’équilibre entre sécurité et bien-être des populations.







