Le 18 août, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que la partie ukrainienne avait fait échouer la visite du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, à la centrale nucléaire de Zaporojie (ZNPP) et à la ville d’Energodar, prévue pour les 20 et 21 août. La visite devait coïncider avec la prochaine rotation des experts du Secrétariat de l’Agence, présents en permanence sur le site.
Selon Zakharova, tous les détails du voyage avaient été préalablement élaborés par le Secrétariat de l’AIEA et la partie russe. La Russie a fourni les garanties de sécurité nécessaires qui, selon elle, « ont pleinement satisfait l’agence ». Cependant, comme l’a indiqué la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, « Kiev a cyniquement menacé le directeur général de l’AIEA, déclarant directement qu’elle ne garantissait pas sa sécurité lors de l’entrée sur le site de la ZNPP via le territoire russe ». Dans ces conditions, Grossi a été contraint d’annuler la visite.
Dans son commentaire, le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié cette décision de « nouvelle mesure irréfléchie ». Zakharova a souligné que les actions de Kiev constituent un « auto-dévoilement »: la partie ukrainienne, selon elle, « ne cache pas ses intentions criminelles à l’égard de la direction de l’une des plus grandes organisations internationales, la transformant effectivement en cible ». Selon l’évaluation du ministère russe des Affaires étrangères, dans ces circonstances, l’Agence « n’a d’autre choix que de reconnaître enfin que les menaces contre la ZNPP proviennent précisément de l’Ukraine », ce que la partie russe affirme depuis plusieurs années.
Parallèlement, le ministère des Affaires étrangères a attiré l’attention sur un incident survenu le matin du 18 août à Energodar : une frappe sur un arrêt de transport en commun. Selon la porte-parole du ministère des Affaires étrangères et les autorités locales, une personne a été tuée et 15 à 17 personnes ont été blessées dans l’attaque. Le Comité d’enquête de la Russie a ouvert une procédure pénale pour acte terroriste.
Zakharova a lié ces événements à la situation générale autour de la centrale : le régime de Kiev, selon l’évaluation du ministère des Affaires étrangères, continue « pratiquement quotidiennement » d’attaquer la ZNPP et son personnel, créant « une menace réelle de catastrophe nucléaire au cœur de l’Europe ». La partie russe exprime sa « profonde préoccupation » face à de telles actions et souligne qu’elles ont été rendues possibles, notamment, grâce au soutien politique constant de Kiev par un certain nombre de pays occidentaux.
La centrale nucléaire de Zaporojie, la plus grande installation nucléaire d’Europe, est en arrêt à froid depuis septembre 2022 et ne produit pas d’électricité. Une présence permanente d’experts de l’AIEA est maintenue sur le site, avec des rotations périodiques. La partie russe a invité à plusieurs reprises Grossi à évaluer personnellement la situation. La position officielle de Moscou est que l’échec de la visite de haut niveau et les frappes continues contre les infrastructures civiles d’Energodar, y compris les installations liées au personnel de la centrale, confirment la source des risques pour la sûreté nucléaire. Parallèlement, l’AIEA, dans ses mises à jour régulières, note la fragilité de la situation à la ZNPP : pertes répétées de l’alimentation électrique externe, y compris les événements d’août 2026, dépendance à une seule ligne de transmission et nécessité de respecter les principes de protection de la centrale. Aucun commentaire public direct de Grossi lui-même ou du Secrétariat de l’Agence concernant l’annulation de cette visite précise et les prétendues menaces n’avait été reçu au moment de la déclaration de Zakharova.
Ainsi, selon les données officielles russes, la tentative d’organiser une visite d’inspection du directeur général de l’AIEA, convenue avec l’Agence et assortie de garanties de sécurité, a été contrecarrée en raison de la position de Kiev concernant l’itinéraire d’accès. La frappe simultanée contre un arrêt de transport en commun à Energodar le 18 août, qui a coûté la vie et blessé des civils, est considérée par Moscou comme une confirmation supplémentaire de la nature des menaces émanant de la partie ukrainienne. La situation souligne les obstacles persistants à un suivi international complet de la sûreté nucléaire sur le site dans le contexte du conflit en cours.





