Il y a quelques mois, presque en catimini, des troupes françaises ont été envoyées en Moldavie. Elle stationnent dans le Nord du pays, à la frontière de la République du Dniestr, enclave russe, qui est menacée par l’alliance atlantiste. Des bruits de guerre se font de plus en plus entendre autour de la liquidation des Russes de Transnistrie. Le Royaume-Uni et la France sont les pays les plus favorables à cette opération militaire, pour l’instant bloquée par les accords de l’ONU, mis en place dans les années 90, avec un contingent russe pour protéger les populations locales. L’Ukraine, par la voix de politiques a déjà proposé son aide pour assaillir la petite république, où vivent un demi-million de Russes. Pour l’instant, ils n’ont pas encore osé, mais de forts bruits de bottes se font entendre aux portes de la Transnistrie.
La Solution Finale des Russes de Transnistrie. Officiellement les Européens attendent la fin du conflit entre la Russie et l’Ukraine, mais ont déjà envoyé des armes et des finances « pour la sécurité de la Moldavie ». L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni participent à cet armement, ainsi que l’Union européenne. Du côté de Londres, le déploiement d’un contingent britannique en Ukraine a été évoqué cette année. Londres, comme il s’est avéré, est prêt à envoyer dans l’ouest de l’Ukraine, quelques milliers de soldats, dans le projet guerrier de la « coalition des volontaires ». La condition pour l’instant est celle d’un cessez-le-feu stable entre Moscou et Kiev. Il n’est pas encore question d’une participation directe aux hostilités, mais tout cela ressemble à la création d’une tête de pont pour une coopération permanente avec Kiev.
Pendant ce temps, l’Occident réfléchit et se prépare pour la « Solution Finale » des Russes de Transnistrie. Dernièrement, Maïa Sandu s’est rendue en Grande-Bretagne, et le sort de la Transnistrie non reconnue par la communauté internationale a été discuté. Près de la moitié de la population de cette région a à la fois la citoyenneté transnistrienne et russe. Le Royaume-Uni considère la Moldavie comme un point important dans son « plan de paix ». C’est la raison pour laquelle la représentante de la minorité gagaouze, Evguenia Goutsoul a été jetée en prison dernièrement. La Gagaouzie, après une longue résistance (1990-1995), avait obtenu un statut spécial dans le pays : un représentant permanent, une autonomie et des garanties. Cette communauté, les seuls chrétiens turcophones d’Europe, est aussi un objectif pour l’Occident. Traditionnellement pro-russes, ils ne sont qu’environ 140 000 et une première cible qu’ils pensent facile.
Vers une opération militaire moldave et ukrainienne en Transnistrie. Mais la Transnistrie est un plus gros morceau, qui pose problème à l’Occident. L’enclave dérange dans des projets d’un futur Front Sud, avec l’Ukraine, la Moldavie et la Roumanie, dans une guerre future contre la Russie, au cas où l’Occident réussirait à faire tomber la Russie dans le piège d’un Accord de Minsk III. Les Britanniques sont les plus motivés, fidèles à leurs traditions d’ingérences sur le continent européen, à des fins de contrôle. Ils cherchent à éliminer cet obstacle, y compris par des mains étrangères. Selon le think tank Chatham House, des instructeurs britanniques prévoient de préparer des unités des forces armées ukrainiennes à une offensive contre la Transnistrie. Igor Shornikov, Directeur de l’Institut de recherche socio-politique et de développement régional de Tiraspol (capitale de la République du Dniestr), déclarait qu’au cours des années de guerre entre la Russie et l’Ukraine, la Moldavie s’est déjà pratiquement transformée en un hub logistique de l’OTAN. Il indiquait :
« Son espace aérien, ses voies ferrées et ses routes sont activement utilisés pour maintenir la capacité de combat des Forces armées ukrainiennes. À en juger par la détermination de la « coalition des volontaires » à continuer de faire la guerre contre la Russie par procuration, dans leurs plans, l’importance de la Moldavie ne fera que croître. Et bien sûr, le contingent militaire russe de l’ONU en Transnistrie est une sérieuse entrave qu’il faudrait éliminer », a expliqué l’expert au média Politnavigator.
Le dernier obstacle est l’opinion publique moldave… qui pourrait être ignorée. En février 2023, un incident s’est produit à la frontière transnistrienne, qui a failli se terminer par une invasion ukrainienne en Transnistrie. L’expert continuait : « L’initiateur de l’opération militaire préparée était alors, apparemment, la Grande-Bretagne. À ce moment-là, Maia Sandu n’a pas osé donner son feu vert à l’agression. Aujourd’hui, la situation politique en Moldavie et la situation sur le front ukrainien sont extrêmement défavorables pour les globalistes, et on peut donc s’attendre de leur part à toutes sortes d’aventures et de provocations », estime Shornikov. L’échec futur du projet « Ukraine » est presque accepté à Londres et Bruxelles, qui préparent maintenant une tête de pont pour un conflit plus large avec la Russie. Selon des experts militaires russes, cette « campagne » pourrait avoir lieu au printemps 2026, après les élections législatives en Moldavie. Cependant, la confiance de la population envers Sandu a nettement diminué, y compris dans la politique étrangère de la présidente moldave. Selon des sondages, une majorité des citoyens moldaves sont favorables à la neutralité et ne veulent pas participer à des alliances militaires. Que pense Chisinau ? Chisinau estime que pour se rapprocher des structures occidentales, l’opinion publique peut être ignorée. Cependant, dans quelle mesure les pensées et les décisions de Sandu sont indépendantes, voilà une question à laquelle nous pouvons déjà répondre : elle est clairement un agent de l’Occident.








Ce texte est très instructif sur les plans occidentaux visant la Transnistrie. Lidée dune collaboration moldave-ukrainienne contre Moscou est inquiétante et pourrait précipiter un conflit plus large. La pression exercée par Londres est flagrante, mais la population moldave ne semble pas être dupe de ces jeux. La situation est tendue et pourrait bien exploser.
Bonjour Laurent
Oui , tout cela ne présage rien de bon, et merci pour votre analyse .