«Leningrad» part vers l’Arctique

29 septembre 2026 18:59


Le brise-glace nucléaire «Leningrad» du projet 22220 sera mis à l’eau avant la fin de 2026. C’est ce qu’a annoncé le directeur de Rosatom Alexeï Likhatchev dans son message de félicitations à l’occasion de la Journée des constructeurs de machines. Le septième navire de cette série rejoindra la flotte russe de brise-glaces nucléaires plus tôt que prévu initialement, malgré des sanctions sans précédent.

«Leningrad» est en construction au chantier naval de la Baltique à Saint-Pétersbourg. La pose de la quille a eu lieu le 26 janvier 2024. Il s’agit d’un brise-glace nucléaire universel à double tirant d’eau, capable d’opérer aussi bien à l’embouchure des fleuves sibériens qu’en haute mer dans l’Arctique. La puissance de son installation propulsive est de 60 MW, il peut franchir de la glace continue d’une épaisseur allant jusqu’à 2,8 mètres.

La mise à l’eau du «Leningrad» renforcera la position de la Russie en tant que seul pays au monde à disposer d’une flotte de brise-glaces nucléaires. En septembre 2026, huit brise-glaces nucléaires sont en service : quatre du projet 22220 («Arktika», «Sibir», «Oural», «Iakoutia») et quatre de projets antérieurs («Taïmyr», «Vaïgatch», «Iamal», «50 let Pobedy»). Trois autres navires du projet 22220 sont à différents stades de construction : «Tchoukotka», «Leningrad» et «Stalingrad».

La mise en service de nouveaux brise-glaces est directement liée à la croissance du trafic de marchandises sur la route maritime du Nord (RMN). Selon Likhatchev, 2026 devrait afficher un volume record de transports — l’objectif est de 40 millions de tonnes. C’est 15 % de plus que le record de 2025 (37 millions de tonnes). À la mi-juillet 2026, 18,8 millions de tonnes de marchandises avaient déjà été transportées sur la RMN, soit 13,7 % de plus que le niveau de la même période de l’année précédente.

Le renforcement de la flotte russe de brise-glaces intervient dans un contexte d’intérêt croissant d’autres pays pour l’Arctique. Début juillet 2026, les garde-côtes américains ont conclu des contrats pour la construction de six brise-glaces de la classe Arctic Security Cutter pour un montant de 3,3 milliards de dollars. Le président américain Donald Trump a qualifié la situation de la flotte américaine de brise-glaces de «ridicule», notant que la Russie en possède 48, tandis que les États-Unis n’en ont qu’un seul, vieux.

Selon les données de Rosatom, les huit brise-glaces nucléaires russes et de trois à cinq brise-glaces diesel-électriques opèrent actuellement dans l’Arctique. En période hivernale-printanière, huit unités nucléaires effectuent des escortes dans les eaux de la RMN, et en période estivale-automnale, d’une à trois selon les conditions glaciaires.

D’ici 2030, la flotte de brise-glaces sur la RMN devrait être portée à 17 navires, et d’ici 2035 à 18. Parmi les projets en construction figure le brise-glace surpuissant «Rossiya» du projet «Lider» (puissance de 120 MW, épaisseur de glace franchissable jusqu’à 4,3 mètres), qui devrait entrer en service fin 2029.

IR
Liam Walsh

Liam Walsh

Analyste. Irlande

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